Ouf, rendu à Port-au-Prince
Par Serge Fortin
30 septembre 2008 - Ouf, enfin arrivé dans ce dit « pays maudit » par la nature qui y dépêche périodiquement des ouragans, question de rajouter un peu de piquant dans leur vie déjà si mouvementée... Mais quel beau pays ! Des montagnes, même dénudées d'arbres, la mer, le soleil, et même Port-au-Prince, avec ses bidonvilles en bordure de mer et ses rues défoncées et étroites, toutes en côtes, ont un certain charme, les portières barrées bien sûr. Ici, on ne niaise pas avec la sécurité, ce qui fait notre affaire. J'ai été particulièrement impressionné de voir zigzaguer des enfants de 5 - 6 ans pas plus dans le trafic lourd et fou de la ruta de Delmas (une rue ressemblant à Jean-Talon à peu près) pour quémander un dollar, puis frapper du poing dans la portière car, bien sûr, il faut refuser et ne pas les regarder.
Le vol a bien été, peu de turbulence. Ici, il y a une heure de moins, donc il est 22 h, alors à Montréal, il est 23 h. Bon voyage, beau vol, bel avion filant à près de 900 km-h. Un écran tactile à chaque banc nous permet, outre d'écouter musique, télé et film, de suivre la progression en temps réel du vol. Une petite badluck à Dorval, le matin j'ai mis par mégarde mon sac de contenants de plus de 100 ml dans mon sac de cabine au lieu du sac de soute à bagage, et c'est interdit. Alors j'ai dû jeter crème solaire, aftersun, crème à barbe, aftershave, antimoustique, etc... J'étais un peu déprimé dans l'avion. Mais ça s'est replacé en écoutant deux films de Charlie Chaplin. Mon voisin, un vieil haïtien, je pensais rencontrer mon premier vrai haïtien ! Âgé, l'air pauvre, perdu, mais ben fin. Parle parle jase jase, j'apprends finalement que le gars demeure à Montréal depuis 38 ans et retourne comme retraité voir la famille de temps en temps. Et il demeure sur Bélanger, près de Saint-Michel, bref un voisin ! Et il m'a parlé de la pâtisserie Bélair, au coin de la rue chez moi. Le monde est petit et le dépaysement fut nul.
On m'a placé dans un guest house où il n'y a pas la piscine comme l'autre (à 36 degrés celcius, c'est pas un luxe), mais j'ai un grand appartement à moi tout seul, climatisé. Deux vastes chambres à coucher dont une avec lit double (avis aux intéressés, un vol direct à tous les mardis, pas cher...). Ce soir, ils nous ont invités à un 5 à 7 avec buffet en l'honneur de la fondation Paul Gérin-Lajoie. J'ai donc rencontré des gens et fort bien mangé et bien bu (pas trop quand même). J'y ai revu un gars que j'avais rencontré lors de ma formation au CECI à Montréal, bien sympathique et on ira ensemble voir les plages de Jacmel, la fin de semaine prochaine (et probablement la suivante aussi, il me dit que ce sont les plus belles plages et Jacmel accueillant).
En arrivant, on m'a amené à l'épicerie, fort bien, et j'ai pu me racheter mes produits manquants. Mon frigo est plein, j'ai une excellente baguette avec du fromage, et de belles bouteilles de vin à 5 $ (le Trapiche malbec et ce cher bon vieux chilien Santa Carolina, malheureusement disparu des tablettes de la SAQ). Demain, pour débuter, je dois me rendre aux bureaux de l'organisme à 13 h et à l'hôtel de ville à 14 h. Donc, relax le matin.
J'ai bien hâte d'essayer le délicieux café d'ici dont on m'a vanté les mérites car j'ai aussi une cafetière espresso.
Je vous embrasse.
Chargé de communication à l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, Serge Fortin a séjourné tout le mois d’octobre à Port-au-Prince, pour y effectuer une mission de soutien en gouvernance auprès de la direction de la communication de la Mairie de la principale ville d’Haïti, dans le cadre de l’entente de coopération entre Montréal et la capitale haïtienne. Ex-journaliste, il livre ses impressions avec verve et acuité, à travers une chronique quotidienne.