De plus en plus, il est de bon ton pour une entreprise d’adopter une attitude écoresponsable. Même chose pour Monsieur et Madame Tout le Monde, bombardés tous azimuts sur l'importance au quotidien de leurs choix et gestes. Dans cet élan vert, sont aussi nés moult organismes phares de la récupération et de la promotion des options écologiques. Peinture recyclée au Rona Bélanger de la rue Masson, la SODER : dix ans au service de l'environnement et virée dans Rosemont–La Petite-Patrie avec K, à bord de sa voiture alimentée à l'huile de cuisson... (Photo: Jacques Pharand)
Voir la vie en vert dans Rosemont–La Petite-Patrie
Pour créer un effet d'entraînement vert dans la culture des entreprises, il aura bien fallu que quelques pionniers ouvrent le bal. Un exemple: le Rona Bélanger de la rue Masson, une entreprise familiale dans le décor rosemontois depuis des lustres, reprend nos vieux gallons de peinture afin qu’ils reprennent place sur les tablettes.
Les Québécois achètent annuellement 60 millions de litres de peinture. Un geste qui n'est pas sans conséquences pour l'environnement puisque «les résidus de peinture comptent pour 50% des matières domestiques dangereuses», raconte Dominic Bélanger, propriétaire du Rona situé au 2918, rue Masson. Pour lui, nul besoin cependant de renoncer à colorer son intérieur pour être écolo.
«Ce projet, c’est mon bébé», explique d’emblée Dominique Bélanger, qui se rappelle ses débuts dans l'entreprise familiale, en 1996. Il a rapidement eu le goût de se lancer dans cette action sociale initiée par la chaîne Rona. «Rona a été un des premiers au Québec à offrir le service de récupération des restes de peinture à travers son réseau. On recycle ce qui peut l'être et on évite que ce qui demeure inutilisable ne se retrouve dans les sites d’enfouissement», explique Dominic Bélanger. Le jeune proprio est visiblement fier de contribuer à cette action qui se fait sur une base volontaire. «La récupération des vieux gallons fait maintenant partie de la routine de nos employés», dit-il.
Donner une seconde vie aux restes de peinture
Visiblement, le temps aura donné raison à l'initiative. «Ces trois dernières années, on a enregistré une augmentation de 100 % de la quantité qu’on reçoit, ce qui fait qu'aujourd'hui, les clients nous rapportent environ 150 gallons par semaine», des contenants qui sont parfois pratiquement pleins, raconte M. Bélanger.
La vieille peinture prend ensuite la direction du centre de trie des Peintures Récupérées du Québec (PRQ), établit à Victoriaville. Filiale de Société Laurentide depuis 2003, PRQ se consacre à la récupération et à la revalorisation de contenants et de résidus de peinture provenant de la consommation domestique au Québec et dans les provinces atlantiques. PRQ – la seule entreprise de genre dans l’est du Canada – revalorise maintenant 80% des rebuts qu'elle reçoit.
La peinture recyclée revient dans le circuit sous la marque Boomerang. Pas bête comme nom. Elle se décline en 16 teintes, des couleurs qui n’ont aujourd’hui plus rien à envier aux marquent concurrentes alors que ces dernières peuvent lui jalouser son prix «40 % moins cher ce qui revient à environ une quinzaine de dollars par gallon», indique le proprio de Rona Bélanger.
Petit bémol cependant. Cette peinture ne résiste pas bien aux lavages fréquents. «Elle n'est pas spécialement conçue pour la cuisine et la salle de bain, même si plusieurs clients l'utilisent quand même pour ces pièces avec de bons résultats. Mais j'ai confiance que le produit va continuer à s'améliorer, avec des finis plus résistants», indique Dominic Bélanger.
Les écocentres peuvent aussi recueillir les restes de peinture. Un site intéressant à consulter pour connaître le dépôt le plus près de chez-soi:
www.peinture.qc.ca
Saviez-vous que?
IL RESTE À TROUVER DES SOLUTIONS pour les produits spécialisés, industriels et les solvants qui actuellement ne sont pas encore récupérés
BIEN ENTREPROSÉE, la peinture peut avoir une durée de vie utile de 10 à 15 ans. Le truc est de fermer hermétiquement le couvercle, ce qui évite l'altération du produit.
DEPUIS 2002, L'INDUSTRIE DE LA PEINTURE doit récupérer annuellement 25 % des résidus de peinture architecturale vendue dans la province. Ce taux doit atteindre 75 % cette année.
AINSI AU QUÉBEC, DE 2001 À 2006, la récupération est passée de 1 947 000 kg à 3 600 000 kg.
Camil Desbiens
Commentaire mis en ligne le 4 novembre 2008Rona Bélanger est bien implanté dans Rosemont et ses efforts pour la récupération de peinture et du support à la SODER et L'Éco-quartier sont appéciés de tous