Les ouvriers s’affairent à la rénovation du Cinéma Beaubien. (Photo: Jacques Pharand)[:AC:]BV: En plus des travaux majeurs à l’intérieur du Cinéma Beaubien, son propriétaire Mario Fortin revitalise la façade en lui faisant retrouver son lustre d’antan.
(Photo:Jacques Pharand)
Cinéma Beaubien
Coup de neuf dans le style rétro
Les passants et les automobilistes n'ont pu manquer de le remarquer depuis quelques semaines : le cinéma Beaubien, juste en face du parc Molson, est couvert d'échafaudages.
Malgré les apparences, ce n'est pas à l'extérieur qu'ont lieu les principaux changements. «Juste un peu de cosmétique» prévient le propriétaire Mario Fortin, alors que des hommes s'activent le long de la façade, diffusant un jet destiné à en nettoyer la surface.
C'est à l'intérieur qu'ont lieu les principales transformations. Une dizaine d'ouvriers effectuent des travaux de câblages électriques, la plomberie, la pose de nouvelles fenêtres... Et l'aménagement complet d'un espace de projections supplémentaires. «Il y avait deux logements sur ce tiers de l'immeuble. Les locataires sont partis et cela a réveillé notre idée d'en faire deux petites salles», explique Mario Fortin, bientôt interrompu par la sonnerie de son téléphone cellulaire, qui lui permet de gérer au plus près la progression des travaux.
Les habitués, qui viennent, d'après les sondages réalisés par le cinéma, à 60% d'entre eux d'autres quartiers et de la banlieue, «où ils n'ont pas de salle répertoire», ne pourront que se réjouir de cette période de perturbation. «Notre objectif, avec ces deux nouvelles salles, est d'étirer la carrière des films qui ont encore un potentiel d'exploitation. Nous voulons aussi tester des choses plus confidentielles, tel documentaire sur l'oeuvre de Jean-Luc Godard, par exemple», illustre Mario Fortin.
L'initiative ravira les cinéphiles: des salles de petite taille, adaptées à un nombre de spectateurs restreint par séance: 85 et 55 salles. «Notre fréquentation ne va pas augmenter proportionnellement au nombre de places en plus, c'est évident. En tout cas, pas de façon à gêner le stationnement dans le voisinage», assure Mario Fortin.
Marque de fabrique
Aménagement au premier étage oblige, un ascenseur va être installé pour les personnes à mobilité réduite. En outre, un léger «relookage» est prévu dans l'entrée, avec notamment un nouveau comptoir à confiseries.
Pas question de modifier l'aspect de la billetterie, l'une des rares à encore donner sur la rue. «C'est notre marque de fabrique, les gens y tiennent », s'enorgueillit le maître des lieux, ajoutant aussitôt : « Même si elles nous engueulent quand il fait moins 40° degrés dehors».
La marquise, avec ses titres de films et leurs horaires affichés en grosses lettres, ses néons clignotant le soir, est aussi devenu une rareté à Montréal. « On ne veut surtout pas retirer cela », affirme Mario Fortin.
Seule concession accordée au monde moderne: les portes d'entrée, «qu'il faut changer parce qu'elles isolent mal et font perdre beaucoup d'énergie». L'idée du propriétaire est simple: « relooker la façade en lui faisant retrouver son lustre d'antan».
Mais à quoi ressemblaient les lieux à l'époque de leur construction, en 1937? Seuls les résidants du quartier pourront le dire. Mario Fortin leur demande de ressortir leurs boîtes de vieilles photos du grenier, ce qui permettrait de savoir comment refaire à l'identique l'entrée de ce lieu emblématique de la culture à Montréal, fréquenté par quelque 175 000 personnes chaque année. «Un très bon chiffre qu'on espère encore augmenter», souhaite Mario Fortin.
Les travaux seront achevés le 19 décembre, pour reprendre au printemps avec le changement des sièges des deux salles du rez-de-chaussée.(Photo:Jacques Pharand)