François Saillant accuse Mario Dumont de chercher à se faire du capital sur le dos des plus pauvres
Communiqué émis par le parti
«Mario Dumont est prêt à n’importe quoi pour sauver sa peau, y compris alimenter les pires préjugés à l’égard des plus pauvres de la population.» C’est en ces termes que le candidat de Québec solidaire dans Rosemont, François Saillant, a qualifié les propos tenus hier par le chef de l’Action démocratique du Québec qui a parlé de l’aide sociale comme d’un «mode de vie», en laissant entendre que les prestataires considérés aptes au travail s’y complaisaient.
Selon M. Saillant, «avec une prestation de base de 551$ par mois, les personnes assistées sociales sont plutôt dans un mode de survie, ce montant étant carrément insuffisant pour pourvoir à leurs besoins les plus essentiels comme se loger, se nourrir, se vêtir et se soigner».
Le candidat, qui est impliqué depuis 30 ans dans la lutte contre la pauvreté, considère que la proposition de l’ADQ de sortir 70 000 personnes en quatre ans de l’aide sociale par des mesures punitives est basée sur l’ignorance. M. Saillant précise que depuis 1996, le nombre de ménages assistés sociaux aptes au travail a diminué de 139 000, non en raison de telle mesures, mais simplement de la croissance de l’emploi due à une situation économique favorable. «Or, rappelle le candidat de Québec solidaire dans Rosemont, nous ne sommes plus du tout dans la même situation économique et c’est plutôt un accroissement du nombre de ménages à l’aide sociale qui menace».
M. Saillant s’est par ailleurs attaqué aux préjugés à l’égard des 223 732 ménages dits aptes au travail qui sont toujours à l’aide sociale: «Le Front commun des personnes assistées sociales a rappelé avec justesse que, selon une étude même du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, à peine 8,5 % des prestataires ont le profil et la formation nécessaires pour être embauchés demain matin».
Il a précisé que le ministère lui-même reconnait que 87 769 ménages sur les 223 732 ont «des contraintes temporaires à l’emploi», soit parce qu’ils sont âgés de plus de 55 ans, soit parce qu’il s’agit de femmes enceintes, soit parce qu’ils s’occupent de jeunes enfants de moins de 5 ans ou d’enfants handicapés. Il en reste donc 135 963, mais M. Saillant considère que le marché du travail en refuserait la très grande partie, parce que 16 % ont entre 50 et 55 ans, que 60 % ont tout juste atteint un secondaire IV, que 12% sont des revendicateurs du statut de réfugié ou sont de nouveaux arrivants depuis moins de trois ans et que plusieurs ont des problèmes de santé physique ou mentale qui, sans être considérés sévères par le ministère, sont suffisants pour rebiffer les employeurs potentiels.
François Saillant a finalement accusé Mario Dumont de chercher à offrir de la main d’œuvre bon marché à des employeurs, en leur offrant 3000 $ pendant un an pour chacune des personnes qu'ils sortiront de l'aide sociale auxquelles ils ne seront tenus que d’accorder le salaire minimum, sans même avoir à garantir qu’ils les garderont par la suite à leur emploi. M. Saillant considère qu’au mieux les mesures proposées par l’ADQ sortiront les personnes de l’aide sociale pendant une année: «Ces personnes sortiront temporairement des statistiques du ministère de l’Emploi et de la solidarité sociale, mais elles ne sortiront pas de la pauvreté, le salaire minimum, que l’ADQ ne propose par ailleurs pas d’augmenter, correspondant à environ 80 % du seuil de faible revenu de Statistiques Canada».