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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Pour que l’isolement des aînés n’existe plus

par Lucile de Pesloüan
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Article mis en ligne le 30 novembre 2008 à 17:00
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Pour que l’isolement des aînés n’existe plus
Même des bénévoles travaillent à ce projet pilote en rejoignant les personnes âgées du quartier. (Photo: Jacques Pharand)
Pour que l’isolement des aînés n’existe plus
Depuis maintenant six mois, Yvon Cléroux arpente l’arrondissement de Rosemont pour apporter de l’aide aux aînés du quartier. Son cellulaire est son outil de travail. Écouter sa messagerie est sa première tâche matinale. «Je suis agent de liaison et mon rôle est de trouver des solutions à tous les problèmes, dans la mesure du possible», sourit-il.

La population des personnes âgées à Rosemont dépasse la moyenne de l’ensemble de l’île de Montréal. Le nombre de services adressés aux aînés y est important.

«Le problème, s’est rendu compte Nathalie Lavoie, agent sociocommunautaire au poste de quartier 44, c’est que 98% d’entre eux ne le savent pas.» Un coup d’épée dans l’eau.

Les bénévoles du carrefour communautaire Montrose, le CSSS Lucille-Teasdale, l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, le poste de quartier 44, tous ont mis la main à la pâte pour monter ce projet de lutte contre l’isolement des aînés. «C’était une priorité qui s’est dégagée lors des rencontres des citoyens, précise Nathalie Lavoie. Nous sommes une bonne vingtaine d’artisans. On fourmille d’idées et surtout, on a mis notre ego de côté. C’est un projet commun.»

Yvon Cléroux est la personne clé du programme. Il fait le lien entre les aînés et les partenaires. À la différence d’un intervenant communautaire, «qui travaille dans un milieu de vie bien encadré, je tente de rejoindre tout le monde. Même les personnes seules dans leur deux et demi, explique-t-il. Je suis un travailleur de rue. Je veux repérer les aînés isolés ou abusés et ainsi leur donner la possibilité de reprendre du pouvoir sur leur vie.»

L’équipe incite les aînés à communiquer avec Yvon Cléroux pour toutes sortes de soucis. Il trouvera la bonne solution: les mettre en contact avec le bon partenaire social, leur expliquer les bonnes procédures…

«C’est vraiment du cas par cas, explique Yvon Cléroux. Certains aînés se font abuser par des organismes qui leur soutirent de l’argent, parfois même par leur famille, ce qui est très délicat. Fort heureusement, cela n’est pas la majorité.»

La vie se complique parfois, arrivé à un certain âge. «Ils ne sont pas nés avec le téléphone et pour eux, parler à des boîtes vocales, ce n’est pas possible, intervient Nathalie Lavoie. La perte d’autonomie se fait parfois sentir, mais eux ne le savent pas. Ils sont adultes, mais ont besoin d’assistance.»

Et Yvon Cléroux fait des heureux. Comme cette dame, dont le rêve a toujours été de chanter dans une chorale… «Je lui ai trouvé un cours pour 5$ par an. Elle était aux anges», relate le travailleur social.

Ses missions sont multidisciplinaires. Il peut les aider à régler des conflits de voisinage, à compléter des formulaires, ou tout simplement parler… «Les gens me confient leurs soucis et je fais ensuite de mon mieux pour trouver la solution adaptée.»

Tout l’été, Nathalie Lavoie et les cadets policiers ont fait du porte à porte… «6500 portes, pour être exacte», souligne l’agent sociocommunautaire. Il fallait qu’on se fasse connaître, qu’on explique le projet. Et avec un uniforme, c’est toujours plus facile. Les gens sont moins méfiants.»

Cartes et prospectus ont été distribués dans tous les endroits où les aînés peuvent se retrouver, du bingo au supermarché en passant par les coiffeurs. Pour Nathalie Lavoie, «l’information est la meilleure des préventions».

«Il était temps qu’on s’occupe de nous.» C’est ce qu’a dit une aînée à Nathalie Lavoie lors d’un de ses passages. «Et c’est vrai», souligne-t-elle.

Ce projet est pilote à Rosemont. Les autres arrondissements de Montréal sont très intéressés par l’idée. La ministre responsable des aînés voit ce projet comme un exemple. Et en effet, la demande est partout.

À la suite de la médiatisation du projet Contrer l’isolement des aînés, des personnes de partout au Québec ont appelé Yvon Cléroux. «Ils nous ont vus au nouvelles. Pour ceux qui venaient d’Hochelaga-Maisonneuve, je pouvais encore les rediriger, mais pour ceux de l’Abitibi… je reste impuissant.»

En tout cas à Rosemont, le but est de faire du poste d’Yvon Cléroux un poste permanent. La prochaine subvention est demandée pour quatre ans.
Info: Yvon Cléroux, agent de liaison: 514 885-6757.

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