La Table logement dit veiller au grain «car les besoins sont réels», indique Michel Lamarre. (Photo: Jacques Pharand)
Besoin criant de logement social et abordable
La Table de concertation logement – aménagement de La Petite-Patrie monte aux barricades
Le train est en marche dans le secteur Bellechasse et la Table de concertation logement – aménagement de La Petite-Patrie a bien l'intention de ne pas rester sur le quai. Déjà, des petits cartons verts revendicateurs commencent à se faire voir dans les fenêtres des résidants du coin. Ce qu'on demande? 500 logements sociaux et abordables dans les secteurs Bellechasse et Marconi-Alexandra «les dernières chances que l'on a de faire du logement communautaire et abordable dans La Petite-Patrie», fait valoir Dyane Courchesne, organisatrice communautaire au Comité logement Petite-Patrie et présidente de la Table.
Ces logis, destinés aux plus démunis, ne combleraient finalement qu'une partie des besoins. «Selon les derniers chiffres de l'Office municipal de l'habitation (OMH), environ 2000 familles et personnes seules – incluant les personnes âgées – sont sur une liste d'attente pour ce type de logement», indique Michel Lamarre, organisateur communautaire au CSS Cœur-de-l'Île.
Il est temps grand temps de réagir, insiste Mme Courchesne. Faute d'un toit décent, les 65-75 ans désertent le coin, tout comme les jeunes familles et les immigrants «alors que le nombre de familles monoparentales grimpe». Par ailleurs, «avec ses condos à 800 000$, le secteur Marconi se gentrifie», note Dyane Courchesne. C'est pourquoi, la Table demande la construction de 250 logements dans Marconi [on pense à la réfection d'un des nombreux immeubles] et autant au pied du viaduc Van Horne.
Au loup?
Du côté de l'arrondissement, on avance qu'il est trop tôt pour faire des projections: aucune décision n'a encore été prise et les réflexions des dernières semaines «permettront aux professionnels de dresser le Programme particulier d'urbanisme», en prévision de la planification finale de la revitalisation, a-t-on indiqué au service des communications.
On pourrait facilement penser que la Table crie au loup alors que les dés ne sont pas encore jetés. «Nous sommes présents sur le comité des partenaires et avons assisté au Télématon», un exercice pour universitaires endimanchés, peu susceptible d'être compris par Monsieur et Madane Tout le Monde et où le logement social risque de devoir passer son tour, craint la présidente de la Table.
«Il nous a fallu 20 ans pour développer Coteau vert et Un toit pour tous sur les ateliers municipaux, rétorque Dyane Courchesne, consciente qu'une occasion en or comme la revitalisation urbaine du Bellechasse ne risque pas de se représenter de sitôt.
Stratégie montréalaise
La stratégie d'inclusion de logement abordable de la Ville de Montréal stipule qu'un nouveau développement devrait idéalement comprendre 15 % de logement social et 15% de logement abordable. Mais attention: ce n'est pas un règlement mais bien une stratégie, donc un objectif à atteindre pour favoriser la mixité sociale.
Ça continue!
Fin novembre, plus de 400 citoyens assistaient, au Théâtre Plaza, à la présentation des propositions développées dans le cadre de l’atelier de design urbain du secteur Bellechasse.
Le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, André Lavallée, s’est dit heureux de l’intérêt et l’enthousiasme que suscite le projet au sein de la population. « Le fort taux de participation à nos différentes activités publiques et la qualité des propositions qui sont ressorties de l’atelier nous poussent au dépassement et nous invitent à redoubler d’efforts pour concevoir un projet de grande qualité qui soit à la hauteur des attentes de la population. C’est là un défi formidable que nous entendons bien relever », a-t-il indiqué, par voie de communiqué.
Les mesures de développement durable suggérées, la revitalisation des rues commerciales et l’ajout d’espaces verts et de logements destinés aux familles dans le quartier auraient été particulièrement applaudis par les participants. (L.P.)