Pierre Dufour
(Photo: Courtoisie)
L'amiral garde les pieds sur terre
Pierre Dufour, directeur général l'ODM
Directeur général de l'Opéra de Montréal, Pierre Dufour dirige une équipe d'une douzaine de permanents, et plus de 150 intermittents en moyenne par spectacle. «Nous travaillons avec 500 à 600 personnes chaque saison», complète-t-il. Avec un tel nombre dans l'équipage, on comprend mieux pourquoi on compare souvent l'ODM à un vaisseau. Qui continue à voguer contre vents et marées...
Résidant à Rosemont depuis plus de 14 ans, Pierre Dufour y adore la vie de quartier qui se développe au coin de Beaubien et de Lorimier où il habite avec sa conjointe Sonia et leurs deux enfants, un ado et une fillette.
Pierre Dufour est à la barre de l'Opéra de Montréal (ODM) depuis cet été. Directeur de production auparavant, «j'avais déjà assumé ses deux fonctions entre novembre 2002 et juin 2003 avant l'arrivée du précédent directeur général David Moss», précise-t-il. «Dans le cadre de la restructuration budgétaire de l'ODM, le conseil d'administration m'a proposé de renouveler l'expérience après le départ de David.»
Et pourtant, il ne se destinait pas à ce milieu-là, pour avoir étudié les sciences comptables à l'UQÀM. Il est venu dans le merveilleux monde de la scène grâce à ses talents de gestionnaire, autant de budgets que d'équipe. Fidèle à des metteurs en scène réputés comme Denise Filiatrault et Serge Denoncourt, il a travaillé au Bateau Théâtre L'Escale puis au défunt Théâtre Populaire du Québec, au Théâtre du Nouveau Monde (TNM), au Théâtre de l'Opsis, au Rideau Vert, à Libretto, etc., pour atterrir à l'ODM en 2000.
Approche similaire, réponse différente
«Les fonctions de directeur de production et de directeur technique sont complémentaires», explique Pierre Dufour. «J'ai pratiquement toujours travaillé en milieu institutionnel. Contrairement au théâtre privé, il a ses particularités (budgets, promotion, personnel, etc). Mais vu de l'intérieur, danse, théâtre, ou théâtre chanté, du point de vue technique et des arrangements financiers, les fonctionnements sont similaires qu'il s'agisse des Grands Ballets Canadiens, de l'Orchestre Symphonique, du TNM, ou de l'Opéra. Il faut faire, par contre, les bons ajustements, et savoir s'adapter aux exigences du spectacle et aux aléas de la production. Chaque spectacle reste une expérience en soi...»
Du verbe à la mélodie
Mais, quand on évoque la scène, comment passe-t-on du monde du théâtre où le mot et les textes sont maîtres, au monde de l'opéra où la note et la musique dominent tout?
«J'ai eu la chance dans mon parcours de travailler sur des comédies musicales, et des spectacles de théâtre chanté. N'oublions pas que l'opéra est aussi du théâtre chanté. Il n'y a pas de grand changement, mais c'est une forme théâtrale plus globale en terme de corps de métiers, et plus large en terme technique. Un opéra est toujours plus gros en termes de production: technique et budgets, employés et artistes, publics et promotion. C'est donc avant tout une question mathématique à laquelle il faut répondre sur des délais de préparation plus longs, pour une présentation publique plus courte.»
Un agenda encore trop court
«En effet, un opéra sera présenté environ 5 à 8 fois, ce qui reste peu comparativement à une pièce de théâtre ou une comédie musicale», poursuit Pierre Dufour. «De plus, la rareté des artistes dans cette discipline physiquement très exigeante oblige à gérer des agendas à long terme. Un théâtre se projette sur une voire deux saisons d'avance. Un opéra devrait pouvoir le faire de trois à cinq ans. Pour réserver les artistes, trouver les financements, mettre en place des coproductions, vendre l'oeuvre dans d'autres salles à l'étranger, etc. À Montréal, en raison des restrictions budgétaires que nous avons dû mettre en place, on travaille sur un calendrier de seulement deux à trois ans ce qui est peu.»
Le hockey, pour se changer les idées
En ce qui concerne son agenda personnel, Pierre Dufour garde le plus de temps possible pour sa famille. Et un peu pour le hockey deux fois par semaine, ou de golf par moments. Pour se changer les idées de la ligne de feu qu'il confronte chaque jour à l'ODM, l'homme est... gardien de but! Lui-même en rit...
(Photo: Courtoisie)
La dame aux camélias… selon VERDI!
Une toute nouvelle production de
La Traviata prend l’affiche du 4 au 18 novembre à l’Opéra de Montréal: des créateurs d’ici donnent un nouveau visage à l’opéra le plus populaire du répertoire, entourés d’une équipe de chanteurs en vue en Amérique du Nord.
www.operademontreal.com