L'environnement, le sujet «vert», fait beaucoup parler (Photo: Régent Gosselin)
Double mise en échec pour Kyoto
Le Bloc québécois s'indigne, Québec est surpris et déçu. Le gouvernement Harper a refusé d'accorder les 328 M $ nécessaires pour la réalisation du plan québécois de lutte aux changements climatiques. Un plan pourtant salué par moult gardiens environnementaux.
Les conservateurs empêchent Québec d'aller de l'avant avec son plan québécois alors que des pays industrialisés comme l’Allemagne et l’Angleterre ont diminué de façon importante leurs émissions de gaz à effet de serre depuis 1990, a dénoncé le Bloc québécois, le 31 octobre. «Pour le gouvernement Harper, toutes les raisons sont bonnes pour discréditer le Protocole de Kyoto», a fait valoir Bernard Bigras, député de Rosemont–La Petite-Patrie et porte-parole du Bloc québécois en matière d’Environnement.
Le gouvernement Harper, qui a récemment critiqué le plan présenté par Québec, dit vouloir profiter de la Conférence de Nairobi pour repousser les échéances au lieu d’intensifier les efforts de réductions. Du vent, selon M. Bigras. «Le gouvernement canadien souhaite réviser l’accord pour reporter aux calendes grecques la lutte aux changements climatiques. Comment Stephen Harper peut-il dépêcher sa ministre de l’Environnement [Rona Ambrose] à une conférence internationale sur les changements climatiques dans le but avoué de saboter le Protocole de Kyoto?», a questionné le député de Rosemont–La Petite-Patrie.
Il y a urgence et des voix s'élèvent de plus en plus. «Nicholas Stern [ancien économiste en chef de la Banque mondiale] affirme qu’il est primordial d’agir maintenant, a-t-il poursuivi. Comment Stephen Harper peut-il nous proposer un plan avec des objectifs à atteindre pour 2050? C’est aujourd’hui que des mesures doivent être prises, pas dans 40 ans!»
Rona Ambrose critique le plan de Québec
Pour justifier ce refus, les conservateurs ont d’abord prétexté que c’était la faute des libéraux. Maintenant ils avancent que le plan de Québec n’est pas bon, a ajouté Marcel Lussier, porte-parole adjoint du Bloc québécois en matière d’Environnement. L'approche québécoise a jusqu’ici donné d’excellents résultats, a-t-il précisé; les émissions de GES des industries du Québec ont diminué de 7 % depuis 1990, alors que dans cette même période, celles de l’ensemble du secteur industriel du Canada augmentaient de 30 %.
Le ministre provincial de l'Environnement, Claude Béchard a, quant à lui, rappelé que la Fondation David Suzuki, Greenpeace et d'autres environnementalistes ont salué le plan québécois comme un exemple à suivre pour atteindre les objectifs du protocole de Kyoto dans la lutte aux émissions de gaz à effet de serre.