On étouffe les commerçants, ironise M. Purcell. «Toutes les subventions ont été coupées depuis 2001. Ils n’ont plus droit à aucun programme de rénovation pour leurs bâtiments, par exemple, et on fait [maintenant] tout pour leur faire perdre l’achalandage de leur clientèle.» (Photo:Régent Gosselin)
Rumeur sur les trottoirs
La rumeur s'amplifie. L’administration Tremblay-Zampino étudie présentement la possibilité de hausser la tarification des parcomètres. Une mesure qui risque de frapper de plein fouet les commerçants montréalais, tonne François Purcell, chef de Vision Montréal et conseiller municipal de Saint-Édouard.
M. Purcell estime que la Ville ferait ainsi un gain de 40 M$ sur le dos des consommateurs. «C'est une taxe déguisée pour que cette administration puisse tenir sa promesse de ne pas augmenter l’impôt foncier et combler une partie du déficit virtuel de 400 M$», considère-t-il.
Les associations de commerçants s'opposent
Sur la promenade Masson, on a accepté de bonne grâce la récente augmentation du tarif des parcomètres de 10 sous par tranche de 30 minutes, expose Doris Laflamme, directrice générale de la Société de développement commerciale (SDC) Masson. La rumeur autour d'une seconde hausse, elle, coince dans le collimateur.
Mme Laflamme n'hésite pas à prédire qu'il y aura une répercussion néfaste sur l'achalandage de la clientèle. «Ce n'est peut-être pas énorme mais les gens n'ont déjà pas apprécié la première augmentation. Ça devient de plus en plus difficile de faire compétition aux magasins à grandes surfaces et aux centres d'achat qui, eux, offrent du stationnement gratuit.» C'est là qu'il faut aller chercher des deniers supplémentaires, si besoin est, tranche-t-elle.
Ces propos trouvent écho dans le discours du chef de l'opposition. «Avant de créer des hausses répétitives sur nos artères commerciales locales, le débat doit avoir lieu au Conseil métropolitain. Que faisons-nous avec les énormes terrains de stationnement des grands centres commerciaux à Laval, Longueuil, Brossard, Boucherville? Ils sont tous gratuits.» La compétition est inégale: les villes limitrophes doivent contribuer à l'effort financier, juge-t-il.
Achat local
L'achat chez le commerçant du coin comme moteur de l'économie locale en prend aussi pour son rhume. Si on veut inciter les consommateurs à se rendre dans un commerce près de chez eux, il faut faciliter le stationnement sur les artères et en augmenter la durée, allègue Richard Taraborelli, président des commerçants de la SDC Masson. Selon lui, il faut, outre garder les tarifs de stationnement au minimum, revoir les heures de stationnement réservées aux résidants «vides pendant le jour». Elles pourraient être utilisées pour combler les besoins des consommateurs, donne-t-il en exemple.
«On a quoi en retour?» demande Mike Parente, directeur général de la SDC de la plaza Saint-Hubert. Là, on est particulièrement chatouilleux, question stationnement.
Il y a un an et demi, la Ville tentait de vendre un parc de stationnement situé sur Saint-André, entre Bellechasse et Beaubien. La SDC plaza Saint-Hubert s'est opposée, le litige n'est toujours pas réglé. «Si on me garantit, par écrit et pour 20 ans, qu'on garde nos stationnements sur Saint-André, alors je pourrais accepter une seconde hausse des parcomètres, ce serait un compromis plus acceptable. Mais pas si on n'a rien en échange.»