Tout l'automne, les employés des serres Louis-Dupire ont vainement tenté de s'opposer à la fermeture des Serres. (Photo: courtoisie)
Fermeture des serres Louis-Dupire
Les serres Louis-Dupire cessent leurs activités. Après 47 ans à faire pousser fleurs et plantes destinées à embellir les parcs et les rues de la métropole, la Ville de Montréal met la clé dans la porte de sa seule serre municipale.
La fermeture n’entraînera pas de perte d’emplois. Les 21 travailleurs seront déplacés, tout simplement. Une vision que ne partage pas Bertrand Martin, jardinier au Jardin botanique. «Des employés seront transférés au Jardin botanique. Ils prendront la place d’employés auxiliaires qui œuvraient déjà à cet endroit. Donc, il y aura perte d’emplois», croit M. Martin.
Décision économique
L’administration Tremblay-Zampino se tournera vers l’entreprise privée pour l’achat et la production de fleurs, dit-il.
Le déficit anticipé de 400 M$ de la Ville ne serait pas étranger à la décision de fermer les Serres, avance M. Martin. Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, a pour sa part évoqué des économies substantielles en frais d’horticulture pour justifier sa décision.
«En se tournant vers le marché privé, on économise trois fois plus qu’en continuant la production des fleurs à cette serre, qui nous coûtait 3,1 M$ annuellement. Oui, la Ville a la responsabilité d’avoir des fleurs sur son territoire, mais cela ne veut pas dire qu’elle doit avoir la mission de les produire soi-même. Si on peut le faire à moindre coût ailleurs, il faut privilégier cette voie», souligne-t-il.
Selon le Mouvement pour une horticulture sans frontières, il est loin d’être démontré que la disparition des Serres sera avantageuse économiquement pour la Ville. «À court terme, peut-être que la métropole y gagnera. Mais à moyen et long terme, c’est une toute autre histoire. Les prix peuvent grimper en flèche et la Ville sera à la merci des fournisseurs privés. Regardez ce qui est arrivé dans le dossier du déneigement. Il pourrait arriver la même chose ici aussi», laisse entendre Bertrand Martin.
Les serres Louis-Dupire fournissaient annuellement un million de fleurs à une quinzaine d’arrondissements de Montréal.
Pas de serres, pas de fleurs?
Moins de fleurs pour nos parcs l'an prochain? C'est possible, laisse entendre Bertrand Martin. Les arrondissements passent habituellement en octobre leur commande de fleurs. Ils devront rapidement trouver des fournisseurs privés en mesure de répondre à la demande. «Claire Charbonneau [chef de division, parcs et installations à la direction des travaux publics pour Rosemont–La Petite-Patrie] nous a dit que s'il n'y a pas de fleurs produites aux Serres Louis-Dupire, on n'en plantera pas l'été prochain», rapporte Bertrand Martin.
Exercice floral
En marge de la fermeture des serres Louis-Dupire, Rosemont-La Petite-Patrie repensera le fleurissement de ses rues et espaces verts. Le rapatriement de cette compétence par les arrondissements permettra, selon André Lavallée, une meilleure gestion des coûts.