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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Un livre nommé désir

Jean-François Casabonne publie un premier recueil de poésie

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 9 janvier 2007 à 16:21
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Un livre nommé désir
Jean-François Casabonne était en nomination au Gala des Masques pour le titre d'interprète masculin de l'année, finalement remporté par Marc Béland, un autre comédien résidant dans l'arrondissement. (Photo: Jacques Pharand)
Un livre nommé désir
Jean-François Casabonne publie un premier recueil de poésie
Connu au cinéma et sur les planches – il était en nomination au dernier gala des Masques - le beau ténébreux est aussi un écrivain épris de mots et de sons. Son dernier ouvrage, paru le mois dernier, est une œuvre d'artisan patiemment assemblée à la main page par page. Les mots, polis comme des galets, s'y entrechoquent dans une musique rocailleuse et envoûtante.
La clarté lui tient la main avec son nez de cerfest le 4e livre de Jean-François Casabonne et son premier recueil de poésie, après Du cœur au pied (Fides, 2000), La traversée, oratorio pour voix humaines (Dramaturges Éditeurs. 2003) et Les Tours de Babel (400 coups). La clarté lui tient la main avec son nez de cerf est sa deuxième publication aux Éditions du Silence, après Jésus de Chicoutimi, une perséide de Damas (2001), un recueil de pensées et de méditation écrit après un parcours de 900 kilomètres, dans une sorte de pèlerinage effectué de Carleton à Montréal.

L'écriture tient une place de choix depuis plusieurs années dans la vie du comédien résidant de Rosemont. Sa dernière publication, qui a reçu le 27 septembre le Prix Gaspard Équateur, est l'occasion pour l'auteur de donner toute la mesure de son «univers casabonnesque», marqué par le rythme des mots, un souffle unique et personnel, une imagerie naturaliste flirtant parfois avec le surréalisme.

«Je me laisse porter par les sons. Les mots s'enchaînent pour former une musique. Le rythme guide ma démarche créatrice», confie l'auteur. Véritable ode au désir, La clarté, dédié à sa compagne, Audrey, décrit les flambées et les soubresauts de la passion à travers une suite de trois chapitres aux titres évocateurs: Tiraille, Déraille, Tenaille.

«Le sable, la vase et l'air / l'île aux corneilles / Son fleuve autour brame / Il veille orifice d'univers / S'accoste d'eau.» Les textes de Jean-François Casabonne donnent toute leur mesure déclamés à haute voix. Un jeu auquel la voix grave du comédien se plie de bon cœur.

Écrire permet d'extérioriser une certaine intériorité qui ne trouve pas son exutoire sur les planches, signale l'écrivain. Il s'alimente aussi à cet exercice pour donner un ressort plus profond à son travail d'acteur. «Au théâtre, cela m'ouvre une porte plus grande sur l'univers de l'auteur», estime-t-il.
Peaufiné à la main
Véritable ouvrage d'art, le magnifique recueil de poésie de Jean-François Casabonne a été peaufiné amoureusement pendant plus d'un an dans l'atelier de papier St-Amand, sur les bords du canal Lachine. Le résultat, tiré à 125 exemplaires, est admirable. Le riche papier gaufré couleur lilas de la couverture, les pages rehaussées de dessins de Marc Séguin, l'impression au plomb ancien: on revient ici à l'essence même du livre.
Derrière ce travail d'orfèvre se cache Pierre Filion. Le conseiller éditorial aux Éditions Léméac se passionne pour l'édition artisanale. C'est un des derniers Mohicans qui imprime encore à l'encre de plomb au Québec. Les livres sont cousus à la main, tirés en édition limitée, signés et numérotés.

Sur la presse léguée par le poète Roland Giguère, il imprime ses livres amoureusement page par page, avec l'aide de ses auteurs. «C'est un travail lent et minutieux. Chaque page est un accouchement», relate l'auteur qui a vu le livre prendre forme lentement sous ses yeux.
De Hochelaga-Maisonneuve à Rosemont
On connaît surtout le comédien pour ses rôles au cinéma, dans La beauté de Pandore, de Charles Binamé, dans Le bleu du ciel et dans Fortier V, et pour ses apparitions au théâtre. Nommé au dernier gala des Masques pour son rôle dans La Hache, de Larry Tremblay, il avait été distingué par ses pairs, en 2005, pour son rôle de soutien dans Gertrude (Le cri), de Howard Baker. Récemment, il était de retour sur les planches à l'Espace Go pour Under Construction, dans une mise en scène de Luce Pelletier.
Jean-François Casabonne participait dernièrement au tournage du film Le Ring, une histoire originale de Renée Beaulieu, dans lequel il interprète le rôle de Jacques, alias Killer. Le scénario raconte la vie de Jessy, dix ans, un jeune du quartier Hochelaga-Maisonneuve fasciné par la lutte.

(Photo: Jacques Pharand)

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