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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Viser les plus hautes branches

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 15 avril 2007 à 11:00
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Viser les plus hautes branches
Audrey Sirois est l'une des deux étudiants chargés du tri des matières recyclables à la cafétéria du collège. (Photo: Régent Gosselin)
Viser les plus hautes branches
Il n'y a pas si longtemps, les caméras de télévision venaient filmer les fonds de poubelles du Collège de Rosemont. Aujourd'hui, recycler est devenu banal. Garder sa place de leader en environnement représente donc un vrai défi. Dix ans après le lancement de sa politique environnementale, le cégep vert se demande : et après ? La prochaine étape à franchir sera la plus difficile : transmettre cette expérience qui vaut de l'or à l'extérieur des murs.
Cette étape pourrait prendre la forme d'un centre de transfert de technologie qui permettra aux PME québécoises de profiter de l'expertise en innovation environnementale développée par le collège. Le ministère de l'Éducation du Québec a en effet lancé en décembre 2006 un appel d'offres pour la création de quatre nouveaux centres collégiaux (CTTT) de ce type. Le Collège de Rosemont est sur les rangs et il est très bien placé.

«C'est là que nous sommes rendus. Les PME sont les cibles les plus difficiles à atteindre. Il faut leur démontrer comment l'action environnementale peut être payante», déclare Richard Armstrong, président du Comité d'action et de concertation en environnement, «chien de garde» de la politique environnementale adoptée par l'institution le 6 juin 1996.

Le collège a été le premier cégep à adopter une politique venant encadrer et appuyer son action en matière de développement durable. «C'est une orientation, pas une bible, assure M. Armstrong.Elle permet de garder un œil sur les initiatives qui jaillissent dans tous les coins et de concrétiser des activités».
Réduire les factures
L'établissement a une longue expérience pour démontrer comment les gestes verts dans une entreprise peuvent avoir une répercussion directe sur les factures. Matières premières, énergie : la liste est longue des postes de dépenses qui peuvent être réduits en appliquant des méthodes simples.
Il y a 30 ans, lorsque trois professeurs du collège interpellés par les questions environnementales ont lancé un premier cours sur la pollution et l'avenir de l'homme, le développement durable n'était pas encore un sujet à la mode. Les premiers gestes concrets qui ont suivi ont été modestes: des gros tonneaux de plastique à côté des photocopieuses pour récupérer le papier.
Des douches aux plates-bandes
De fil en aiguille, poussé par une équipe de passionnés qui voyaient là une voie d'avenir, l'environnement a gagné toutes les sphères du collège, de la cafétéria au département des achats d'équipements en passant par le service de l'entretien.
Quelques exemples : La chaleur du déshumidificateur de la piscine est récupérée pour chauffer l'eau des douches. Les déchets triés dans les cuisines servent à faire du compost pour enrichir les plates-bandes du collège. Les emballages de polystyrène sont expédiés en Ontario où ils sont transformés en pots de fleurs, règles et panneaux insonorisants.
Faire des petits
Un des défis consistait à transposer ces préoccupations dans la pédagogie. «C'est une composante difficile à intégrer, car elle est considérée comme une compétence transversale. Tout le monde est responsable, mais personne en particulier», déclare M. Armstrong.
Qu'à cela ne tienne ! La thématique du développement durable se retrouve désormais à plusieurs niveaux du programme en Sciences de la nature du cégep, notamment au sein du cours en électricité, où les étudiants ont participé récemment à la construction d'une éolienne intérieure.

Depuis 1996, l'établissement offre une attestation d'études collégiales en gestion environnementale. Il a lancé il y a trois ans un concours pédagogique en environnement qui réunit une trentaine de collèges à travers la province. En 2004, il créait un colloque sur l'écodéveloppement pour les gestionnaires de parcs immobiliers et les responsables de la formation des établissements d'enseignement.

«On ne change pas le monde, mais on fait des petits. Nous espérons que les gens qui passent par chez nous en ressortent teintés des valeurs que nous prônons et que d'autres emboîteront le pas», conclut M. Armstrong.
Pour fêter le 10e anniversaire de l'adoption de sa politique environnementale, le collège de Rosemont organise de nombreuses activités. Pour consulter la programmation, visiter le www.crosemont.qc.ca
Quelques faits

En 2005-2206, le Collège de Rosemont a recyclé:

64,4 T de déchets

15,8 T de papier

17,8 T de carton

1,2 T de plastique

6,6 T de verre

12 360 canettes

33,5 kg de piles

(Photo: Régent Gosselin)

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