MONTREAL - La députée péquiste d'Hochelaga-Maisonneuve, Louise Harel, a annoncé jeudi, à Montréal, qu'elle ne sera pas candidate à une prochaine élection provinciale.
Mme Harel a parlé d'une décision "sage" qui a été difficile à prendre après 27 années passées en politique active. L'avocate de formation, maintenant âgée de 62 ans, qui a été titulaire de plusieurs ministères au sein de gouvernements péquistes, a soutenu qu'elle ne se serait jamais permis de quitter maintenant si elle avait cru le Parti québécois menacé ou en danger.
"Je crois avoir démontré un sens du devoir qui m'aura guidée durant certaines époques d'adversité. Si je choisis de quitter à ce moment-ci, c'est que je suis convaincue que le Parti québécois est entre bonnes mains avec Pauline Marois; elle pourra compter sur mon appui", a déclaré la doyenne des femmes parlementaires.
Disant ne pas vouloir devenir un "beau-père", faisant allusion au qualificatif de "belle-mère" attribué notamment aux anciens premiers ministres péquistes Jacques Parizeau et Bernard Landry pour leurs interventions controversées, Mme Harel a toutefois assuré que "sa voix portera encore".
"Tant que la souveraineté ne sera pas faite, elle sera à faire. Il revient à chacun de nous de jouer un rôle, pas seulement aux partis et aux chefs", a-t-elle fait valoir.
Mme Harel a confirmé la nouvelle devant proches et partisans de la circonscription ouvrière de l'est de Montréal qui l'ont élue sans interruption depuis le 13 avril 1981, affirmant que leur courage quotidien a renforcé ses convictions et son engagement personnel en faveur de la justice sociale et de l'égalité des chances.
La chef du parti, Pauline Marois, a bien tenté de retenir Mme Harel, un des poids lourds de l'équipe parlementaire péquiste, mais sans succès. Jeudi, Mme Marois a tenu à rendre hommage à celle qu'elle considère comme son amie.
"Elle a écrit à sa façon une page d'histoire par les responsabilités qu'elle a assumées", a-t-elle considéré, au cours d'un point de presse, en vantant ses longs états de service.
Elle a rappelé que c'était la première femme à avoir occupé le poste de présidente de l'Assemblée nationale et qu'elle était notamment à l'origine de la Loi sur l'équité salariale.
Quant à savoir qui prendra la relève dans Hochelaga-Maisonneuve, une forteresse péquiste, Mme Marois a dit que c'était "aux militants de faire ce choix", pas à elle.
Elle a laisé entendre qu'il pourrait y avoir d'autres départs prochainement, au sein de la députation péquiste.
Déjà, des intéressées se font connaître pour remplacer Mme Harel.
Selon ce qu'a appris La Presse Canadienne, l'ex-députée péquiste Elsie Lefebvre tentera de succéder à Louise Harel dans la circonscription d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Lefebvre, âgée de 29 ans, avait causé une surprise en se faisant élire dans Laurier-Dorion, à Montréal, lors d'une élection partielle en 2004. Elle a par la suite été défaite à l'élection générale de mars 2007 par le candidat libéral Gerry Sklavounos. Depuis, elle a donné naissance à un premier enfant et a occupé la fonction de directrice des affaires publiques de l'artiste Gregory Charles.
D'autres personnes ont aussi témoigné leur intérêt pour représenter le Parti québécois dans Hochelaga-Maisonneuve, dont Carole Poirier, qui a travaillé dans la circonscription aux côtés de Mme Harel.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a aussi tenu à rendre hommage à Mme Harel, pour une "carrière politique exceptionnelle".
"La scène politique québécoise perd aujourd'hui une femme admirable, qui a laissé une marque indélébile sur la vie politique québécoise. Son courage et sa détermination demeureront pour moi une source d'inspiration et d'admiration", a-t-il déclaré.
M. Duceppe a rappelé qu'au fil des 27 années qu'elle a passées à titre de députée, Louise Harel a été ministre sous tous les gouvernements péquistes, notamment de l'Immigration, de l'Emploi, de la Condition féminine, des Affaires municipales et de la métropole. "Ce sont des accomplissements tout à fait remarquables, qui la placent parmi les grandes personnalités politiques québécoises du XXe siècle", a soutenu le chef du Bloc québécois.
Le militantisme de Mme Harel au sein du Parti québécois remonte à 1970. Elle est présentement porte-parole péquiste dans quelques domaines sociaux et présidente de la Commission de l'éducation.
Mme Harel s'est dite particulièrement fière de la Loi sur l'équité salariale, du transfert fédéral de la main-d'oeuvre et de la création d'Emploi-Québec ainsi que des fusions municipales.
Sur ce dernier point, elle a toutefois dit regretter la "désorganisation de Montréal" par le processus de défusions qui a suivi. Mme Harel a aussi condamné l'abandon par l'actuel gouvernement du 1 pour cent de formation de la main-d'oeuvre pour les travailleurs des petites et moyennes entreprises.
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