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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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La sécurité fait défaut au Casino de Montréal, selon le syndicat

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 septembre 2008 à 0:00
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MONTREAL - La sécurité publique n'est plus assurée au Casino de Montréal, selon le syndicat qui représente les 193 agents de sécurité mis en lock-out par Loto-Québec il y a trois semaines et remplacés par des cadres de la société d'Etat.
En conférence de presse, vendredi, les porte-parole syndicaux ont fait valoir que les gestionnaires qui les remplacent n'ont pas l'expertise voulue pour intervenir en matière de premiers soins, d'évacuation en cas d'incendie et, surtout, ne sont pas habitués à identifier les individus dont l'accès au casino est interdit.
Pour illustrer son propos, le président du Syndicat des employées et des employés de la Société des casinos (CSN), Rick Scopelletti, a soutenu qu'un joueur banni du casino pour avoir battu un client en 2007 y est entré la semaine dernière, sans être repéré, et a gagné 1, 1 million $. Le leader syndical a ajouté que dans une tentative de camoufler la situation, Loto-Québec a choisi de lever l'interdiction qui pesait contre cet individu et de n'a pas publiciser ce gain important, contrairement à son habitude.
Interrogé à ce propos, le porte-parole de la société d'Etat, Patrice Bourgoin, a déclaré qu'"il n'y a aucun système infaillible et ce joueur a effectivement gagné 1 million $".
Par contre, selon M. Bourgoin, l'interdiction d'accès au casino pour ce joueur n'a pas encore été levée. Quant à la publicité entourant ce gain important, la revue susceptible d'en faire mention, après avoir obtenu l'accord du gagnant, n'a pas encore été publiée depuis qu'il a gagné.
Le litige entre les agents de sécurité et la Société des casinos du Québec porte sur les horaires de travail en vigueur depuis neuf ans et que le syndicat refuse de voir modifier.
Les agents veulent continuer de travailler trois jours par semaine, à raison de 12 heures par jour, comme ils le font depuis neuf ans. L'employeur voudrait les convaincre de travailler dorénavant quatre jours par semaine à raison de neuf heures par jour.
"On ne veut rien savoir de ça. L'horaire proposé par le patron ajouterait 48 jours de travail par année, occasionnerait des dépenses supplémentaires en transport et en gardiennage d'enfant. Nous sommes frustrés de ces demandes", a soutenu le leader syndical.
Sur la question des horaires, M. Bourgoin avance que l'employeur cherche à s'adapter aux nouveaux besoins des clients. "Le profil de la clientèle change, les cycles d'achalandage bougent, les gens ne viennent plus aux mêmes moments. Douze heures d'affilée de travail, c'est long et les agents de sécurité nous l'ont régulièrement rappelé", a-t-il dit.
"On a des besoins accrus le samedi soir. L'affluence est en augmentation. Il nous faut donc plus d'agents expérimentés ce soir-là", a ajouté le porte-parole patronal.
M. Scopelletti reconnaît que son groupe se trouve "dans un cul-de-sac". Les négociations sont rompues, la conciliation n'avance pas et le lock-out dure depuis le 27 août. Il considère toutefois qu'il n'appartient pas aux syndiqués d'indiquer d'où viendra la sortie de crise.
"C'est à l'employeur de répondre à ça plutôt que nous. Nous avons fait la démonstration que l'employeur n'a aucune raison de changer notre horaire", a-t-il soutenu.
Pour l'heure, les syndiqués veulent alerter le public et le convaincre que le casino n'est pas sécuritaire.
"Ce sont des cadres, des patrons qui font notre travail à notre place. Ils n'ont pas notre expertise à l'égard des personnes qui ont des problèmes de jeu. Le casino n'est pas une église. Il y a de l'argent, de l'alcool avec tous les problèmes que cela entraîne. Quand on est là, on gère professionnellement ce qui arrive. Quand on appelle la police, les gens sont déjà menottés, neutralisés. C'est notre travail quotidien. Si un client éprouve des problèmes de santé parce qu'il est là depuis deux jours, on peut intervenir. Nous avons été formés pour donner les premiers soins. Notre présence est essentielle", a-t-il avancé.
Le porte-parole patronal a pour sa part rappelé qu'il y avait eu une entente de principe conclue avec les leaders syndicaux le 1er août, entente rejetée par la suite par les agents de sécurité.
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