Chuck Cadman vote aux Communes jeudi. LA PRESSE CANADIENNE/Tom Hanson
OTTAWA - Chuck Cadman aura vraiment emporté un secret dans sa tombe. Vendredi, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé qu'elle fermait les livres de l'enquête qu'elle menait sur la présumée offre monétaire qu'auraient faite les conservateurs à l'ancien député indépendant.
La GRC ne déposera donc pas d'accusation dans cette affaire, comme elle l'a confirmé dans une lettre envoyée au député libéral Dominic LeBlanc, à l'origine de la plainte.
Mais la décision de la police fédérale ne mettra pas un terme pour autant aux interrogations des libéraux, qui ont l'intention de continuer à exiger des explications sur toute cette affaire.
"Je crois qu'on doit talonner M. Harper, il doit s'expliquer", a fait valoir le chef de l'opposition officielle, Stéphane Dion.
La GRC enquêtait sur des allégations voulant que Chuck Cadman ait reçu, en mai 2005, la visite de deux représentants du Parti conservateur lui promettant une assurance-vie d'un million de dollars s'il votait à leur côté aux Communes, ce qui aurait eu pour effet de renverser le gouvernement libéral de Paul Martin.
M. Cadman, qui souffrait d'un cancer en phase terminale, est décédé deux mois plus tard.
Sa veuve, sa fille et son gendre disent tous avoir entendu le défunt député raconter cet épisode.
Les conservateurs, le premier ministre Stephen Harper en tête, ont catégoriquement nié les allégations.
"Nous disons depuis le début que nous n'avons rien à nous reprocher, a déclaré le secrétaire parlementaire James Moore, qui a été mandaté pour livrer la réaction du gouvernement. La GRC n'a trouvé aucune preuve contre le premier ministre ni le Parti conservateur."
L'opposition continue cependant de croire que le premier ministre n'a pas donné tous les détails. Elle réclame notamment des explications sur une entrevue qu'accordait M. Harper en 2005 à l'auteur d'une biographie sur M. Cadman.
Dans cette entrevue où il est questionné directement sur l'offre financière, on entend M. Harper affirmer que l'offre à M. Cadman ne visait qu'à combler "des considérations financières" qu'aurait pu avoir le député puisqu'il aurait fait face à une autre élection.
"C'est sa voix qu'on entend sur l'enregistrement. (M. Harper) parle des préoccupations financières de M. Cadman et on va continuer à lui demander de s'expliquer", a soutenu M. Dion.
Du côté du Bloc québécois, on ne baisse pas les bras non plus. "S'il n'y a pas suffisamment de preuve pour une enquête judiciaire, il y a quand même un problème politique. Je dirais que la crédibilité du premier ministre a été entachée par ses déclarations qu'il n'a jamais été en mesure de nous expliquer", a indiqué le leader parlementaire du Bloc, Pierre Paquette.
Mais pour les conservateurs l'affaire est close, du moins en ce qui les concerne. Le premier ministre n'a cependant pas l'intention de laisser tomber la poursuite en diffamation de 2,5 millions $ lancée contre le Parti libéral du Canada pour des propos tenus sur son site Internet.
"Les libéraux ont fabriqué des accusations, a soutenu M. Moore. Très bientôt, les libéraux vont se rendre compte qu'ils se sont eux-mêmes créé de gros problèmes juridiques."
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