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Mobilité de main-d'oeuvre: le Québec perdra des infirmières, selon un syndicat

Presse Canadienne Article mis en ligne le 18 juillet 2008 à 0:00
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Mobilité de main-d'oeuvre: le Québec perdra des infirmières, selon un syndicat
Le premier ministre Jean Charest. LA PRESSE CANADIENNE Jacques Boissinot
QUEBEC - Le Québec perdra davantage d'infirmières au profit des autres provinces si l'entente canadienne sur la mobilité de la main-d'oeuvre est ratifiée comme prévu en avril 2009.
C'est ce que prédit la Fédération interprofessionnelle de la santé, qui présente le Québec comme le grand perdant de cet accord de principe émanant de la réunion des premiers ministres des provinces canadiennes, à Québec.
La présidente de la fédération, Lina Bonamie, estime que l'entente qui facilitera la reconnaissance des qualifications des travailleurs à travers le pays accentuera la pénurie d'infirmières au Québec, parce que les conditions salariales y sont inférieures.
"Les jeunes infirmières qui arrivent aujourd'hui sont bilingues, alors, pour elles, traverser du côté de l'Ontario, why not? Aller en Nouvelle-Ecosse, c'est une très belle province, why not? Puis, elles seront payées 10 000 $, 15 000 $ et même jusqu'à 20 000 $ de différence", a déploré Mme Bonamie.
Elle indique que l'Ontario et le Nouveau-Brunswick drainent déjà beaucoup d'infirmières du Québec et, selon elle, l'Alberta deviendra aussi un très grand concurrent au chapitre des ressources humaines en santé, alors qu'il manque présentement 1500 infirmières au Québec.
"On n'est pas placé pour en prêter aux autres", a lancé la syndicaliste, ajoutant "qu'il faut éviter de déshabiller Pierre pour habiller Paul".
Le premier ministre Jean Charest estime pour sa part que les craintes de la fédération ne sont pas fondées.
Selon lui, l'entente forcera au contraire chaque législation provinciale à offrir de bonnes conditions de travail à ses employés du secteur public, pour éviter de perdre sa main-d'oeuvre qualifiée.
"Mon objectif à moi c'est de créer les meilleures conditions possibles pour mes infirmières au Québec, a dit M. Charest. C'est d'augmenter autant que possible et le plus rapidement possible les conditions de travail de tout ceux qui sont à l'emploi de l'Etat."
En conférence de presse vendredi, la Fédération interprofessionnelle de la santé et la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières ont accusé les premiers ministres des provinces d'avoir évacué les questions relatives au système de santé public lors de leur rendez-vous annuel du Conseil de la fédération, à Québec.
La présidente canadienne, Linda Silas, reproche aux premiers ministres de ne plus se préoccuper des temps d'attente dans les hôpitaux, du manque de ressources humaines et des conditions de travail difficiles.
Les deux fédérations syndicales ont tenu une journée de réflexion à Québec, qui a précédé la réunion du Conseil de la fédération.
Elles demandent notamment aux premiers ministres des provinces d'adopter une approche concertée sur la rétention de la main-d'oeuvre en santé, et de collaborer avec Ottawa à la création d'un régime national d'assurance-médicaments.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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