QUEBEC - Presque autant de cours d'eau ont été contaminés par les algues bleu-vert cette saison au Québec, malgré l'adoption d'un plan d'intervention de 200 millions $ du gouvernement Charest il y a un an.
En dressant mardi le bilan de la saison 2008, la ministre du Développement durable et de l'Environnement, Line Beauchamp, a admis que le travail de mobilisation et de prévention doit se poursuivre.
Au cours de l'été, 108 plans d'eau ont été touchés par les algues, comparativement à 122 pour la même période en 2007.
Pourtant, les températures plus fraîches enregistrées au Québec durant la saison auraient pu faire en sorte de réduire de façon plus significative l'importance de l'éclosion de cyanobactéries.
"On savait qu'il y aurait de nouveau des lacs aux prises avec le phénomène d'algues bleues. Mais à mes yeux, 108 lacs, c'est beaucoup, c'est trop, ça me fait dire qu'il y a encore beaucoup d'actions à mettre en place", a reconnu la ministre, en conférence de presse aux abords du fleuve Saint-Laurent, à Québec.
Mme Beauchamp se félicite d'avoir pu concrétiser l'ensemble des mesures prévues par le plan d'intervention gouvernemental au cours des derniers mois, même si leurs effets sont difficiles à évaluer pour l'instant.
"Je pense que ce ne serait pas responsable d'essayer de mesurer l'impact des mesures sur une échelle de 12 mois, quand on parle d'un phénomène qui résulte de plusieurs générations de comportements inadéquats sur nos lacs", a analysé la ministre, qui prévoit un horizon de travail de cinq à 10 ans pour renverser la tendance.
Mme Beauchamp estime que le public, touché par la crise l'an dernier, est demeuré aux aguets en effectuant 171 signalements au ministère au cours de la saison, ce qui a permis de déceler la bactérie dans 37 nouveaux plans d'eau.
"Il y a quand même eu une vigilance et avec la campagne de publicité gouvernementale, je pense que la mobilisation a eu lieu, mais elle doit se poursuivre", a-t-elle dit.
Par ailleurs, si les agriculteurs sont souvent pointés du doigt pour la détérioration des cours d'eau en raison de leurs rejets, la région des Laurentides, où le secteur agricole est quasi absent, a été la plus touchée cette saison avec 23 cours d'eau affectés par les algues bleu-vert.
Après avoir déposé son plan d'action il y a un an, Québec a notamment interdit la présence de phosphate dans les détergents à vaisselle et a donné aux municipalités les moyens de régir le rejet des eaux usées des embarcations de plaisance.
Puis, 1000 fermes ont été visitées cette saison afin d'évaluer leur apport en phosphate dans les cours d'eau.
Le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement salue la prudence de la ministre Beauchamp, qui n'a pas cherché à tirer des conclusions hâtives après l'adoption des mesures du plan gouvernemental.
"On ne pouvait pas dans un phénomène si complexe que les algues bleues, qui sont liées à toutes sortes de problématiques, porter rapidement un jugement sérieux", a commenté le directeur général Philippe Bourque.
Selon lui, la priorité demeure la sensibilisation afin de poursuivre la modification du comportement des riverains, des municipalités et des producteurs agricoles.
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