QUEBEC - La controversée ex-lieutenante-gouverneure du Québec Lise Thibault devra s'expliquer devant les parlementaires cet automne.
La commission de l'administration publique demande la comparution de celle qui a accumulé des dépenses douteuses de 700 000 $ de fonds publics pendant son règne de 10 ans.
Mme Thibault pourrait être entendue les 29 et 30 octobre, si le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, accepte les dates soumises par le président de la commission parlementaire, Gilles Taillon.
La commission convoquera également le nouveau lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne, le secrétaire exécutif du gouvernement du Québec Gérard Bibeau ainsi que le vérificateur général Renaud Lachance, afin de faire toute la lumière sur les dépenses de l'ex-représentante de la Couronne.
Il y a près d'un an, la commission s'apprêtait à convoquer Mme Thibault lorsqu'elle a fait volte-face en raison de l'enquête judiciaire en cours à son sujet à la Sûreté du Québec.
Gilles Taillon a précisé qu'il avait maintenant obtenu l'assurance du corps policier que l'audition des témoins dans le dossier serait complétée au début du mois d'octobre.
Lise Thibault pourra donc justifier par la suite son comportement devant les élus en commission parlementaire, sans nuire au déroulement de l'enquête policière.
"Il y a plusieurs faits allégués dans le rapport du vérificateur général au sujet de Mme Thibault, concernant notamment la double facturation et des dépenses excessives. Il s'agit de faits graves et nous, on veut avoir la vérité", a résumé mercredi le député adéquiste.
Dans son rapport publié à l'été 2007, peu de temps après que Mme Thibault eut quitté ses fonctions dans la controverse, le vérificateur général relevait des dépenses de 343 000 $ qu'elle avait effectuées sans les pièces justificatives requises.
Parmi d'autres anomalies, le rapport signalait des sommes de 45 000 $ versées à son responsable de la sécurité pour des journées durant lesquelles aucune activité n'était inscrite à son agenda.
Puis, M. Lachance faisait état de repas copieux pour des activités personnelles ainsi que des activités de ski payées à même les fonds publics.
Le vérificateur du Québec avait par ailleurs déploré que le ministère du Conseil exécutif n'ait pas contrôlé suffisamment les dépenses de Mme Thibault.
Lundi dernier, la députée péquiste Agnès Maltais, qui siège sur la commission de l'administration publique, avait fait publiquement connaître son impatience dans le dossier.
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