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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Harper et Charest à couteaux tirés sur la question du déséquilibre fiscal

Presse Canadienne Article mis en ligne le 18 septembre 2008 à 0:00
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VICTORIAVILLE - Une "vieille chicane" fédérale-provinciale a refait surface, jeudi, le premier ministre Jean Charest n'hésitant pas à remettre à sa place le chef conservateur Stephen Harper sur la question du déséquilibre fiscal.
En marge de la réunion de son caucus, à Victoriaville, M. Charest a déclaré qu'il n'avait pas de comptes à rendre au gouvernement fédéral concernant les baisses d'impôts qu'il a accordées dans le cadre du règlement du déséquilibre fiscal.
M. Charest, qui ripostait ainsi au chef conservateur Stephen Harper, a soutenu que sa décision permettait à la province de mieux traverser le ralentissement économique de cette année.
Plus tôt en journée, M. Harper avait affirmé que M. Charest ne pouvait pas réclamer le rétablissement de financements fédéraux pour la culture et le développement économique régional après avoir offert des baisses d'impôts, décidées à la suite d'un versement de fonds fédéraux devant corriger le déséquilibre fiscal.
M. Charest n'a pas mâché ses mots en répliquant qu'il s'agissait d'une excellente décision et qu'il ne doit rendre des comptes qu'à l'électorat québécois.
Visiblement, les deux hommes ne voient pas les choses de la même façon. En point de presse, jeudi, Stephen Harper a fait valoir qu'à ses yeux, et contrairement aux prétentions de Québec, le déséquilibre fiscal est une chose du passé. Il en veut pour prendre les baisses d'impôts accordées par le gouvernement de M. Charest.
"Nous avons donné tellement d'argent au gouvernement du Québec qu'il était capable non seulement de financer les programmes, mais de donner cet argent aux contribuables sur des (baisses) d'impôts", a-t-il avancé jeudi, à Trois-Rivières, où il était de passage en cette 12e journée de campagne électorale.
Le chef conservateur se targue d'avoir éliminé "les vieilles chicanes" entre les gouvernements provincial et fédéral depuis l'arrivée de son parti à Ottawa.
Or, depuis le début de la semaine, le fossé se creuse entre son gouvernement et celui de Jean Charest, et le blâme de M. Harper sur les baisses d'impôts du gouvernement provincial est venu jeter de l'huile sur le feu.
Selon le leader du Parti conservateur, le Québec ne peut plus faire appel à un autre palier de gouvernement "pour sauver la situation" et devrait gérer ses "propres finances".
Il a poussé l'audace jusqu'à donner la leçon aux provinces.
"Nous n'avons plus de grands surplus cachés comme avant, nous avons maintenant au fédéral un surplus modéré. Nous devons gérer nos dépenses et notre revenu, et les provinces, y compris le Québec, doivent faire la même chose", a-t-il dit.
Plus tôt, cette semaine, la ministre du Patrimoine, Josée Verner, répondant aux critiques contre ses coupes dans les programmes culturels, avait prétendu que le Québec avait les moyens de financer lui-même ses artistes.
Monique Jérôme-Forget, ministre québécoise des Finances, lui avait alors répliqué que le déséquilibre fiscal n'était toujours pas réglé.
"Je ne comprends pas les propos de Mme Verner. Je ne voudrais pas dire qu'elle est inconsciente... peut-être qu'elle n'est pas parfaitement au courant de la situation financière du Québec", avait laissé tomber la ministre des Finances.
Jeudi, le premier ministre Charest a repris les propos de sa ministre, niant lui aussi que le déséquilibre fiscal était réglé, contrairement à ce que soutient M. Harper.
Selon M. Charest, Ottawa doit encore rétablir du financement pour l'éducation postsecondaire.
Le premier ministre a affirmé que depuis le budget fédéral de 2006, neuf provinces sur 10 avaient accordé des baisses d'impôts, dont le Québec.
Un autre différend
Le différend sur le déséquilibre fiscal n'est pas la seule pomme de discordre entre les conservateurs et Québec. L'approche du gouvernement Harper en culture fait aussi l'objet de plusieurs critiques du gouvernement provincial qui reproche à Ottawa ses coupes dans des programmes d'aide aux artistes.
Josée Verner en rajouté jeudi, en déclarant dans une entrevue au Soleil que, de toute façon, les compressions budgétaires de 45 millions $ que son gouvernement avaient exercées sur les programmes culturels n'intéressaient pas les électeurs.
"Les gens ne m'en parlent pas. Et quand ils m'en parlent, je n'oserais même pas répéter ce qu'ils disent à ce sujet", a-t-elle indiqué au quotidien.
Sans avancer que artistes sont "gâtés", comme l'a fait la candidate conservatrice dans Québec, Myriam Taschereau, ils ne sont pas "maltraités", selon elle. A son avis, le Québec n'a qu'à mettre ses priorités à cet endroit si c'est ce qu'il souhaite.
Selon M. Harper, si le Québec a décidé il y a deux ans de baisser les impôts de ses contribuables, c'est qu'il avait les moyens de financer ces programmes.
"Nous avons donné beaucoup d'argent aux provinces, et surtout au gouvernement du Québec, il y a près de deux ans dans notre budget pour le long terme", a-t-il indiqué.
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