(Photo: courtoisie)
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Le capitaine Lemay (au centre) en compagnie de ses deux colocataires, le capitaine Nico Devries et le capitaine Fons Krijnen, dans l’enceinte du quartier général.
(Photo: courtoisie)
Nouvelles d’Afghanistan
Le capitaine Jocelyn Lemay entame une correspondance avec le Journal de Rosemont–Petite-Patrie
Le 18 avril, le capitaine Jocelyn Lemay a quitté son domicile de La Petite-Patrie. Destination: l'Afghanistan. L'aventure a pris tout son sens lors d'une escale au milieu du désert au Moyen Orient. C'est là qu'il a chargé sa C-7 avec de vraies balles. Fini les cibles de carton. «J’ai compris que cette fois, les cibles seraient bien vivantes et beaucoup moins dociles», écrit-il.
27 avril, chapitre 1
«J'ai pris possession de ma chambre – 25 mètres carrés – que je partage avec deux autres personnes. Nous jouons à la loto-coloc afin de découvrir avec qui nous allons partager notre intimité pendant les six prochains mois. On veut surtout éviter d’être avec un collègue immédiat de travail ou pire, avec son patron.
Heureusement, je suis tombé sur de vieux coulants comme moi: le capitaine Fons Krijnen et le capitaine Nico Devries, tous deux de l’armée hollandaise.»
Bienvenue
«Entassés comme des sardines à bord d’un Hercule sur des bancs de toiles dénudés de tout confort, nous arrivons finalement à la KAF (Kandahar Air Field). Là, un vieux hangar porte clairement les traces des combats intenses d’un pays en guerre depuis maintenant une trentaine d’années. Les commis nous attendaient avec, en main, une tonne de documents à remplir. Comme quoi, on ne peut échapper à la bureaucratie même en pleine zone de guerre. Pendant que je me concentrais sur la paperasse, un groupe de militaires hollandais se pratiquaient au rapatriement de leur premier mort en Afghanistan, question de nous rappeler que cette expérience en sol afghan n’est pas un voyage organisé pour touriste en quête d’exotisme.»
Ici, le mot confort prend un tout autre sens, si on le compare aux petites douceurs de la vie civile. Nos quartiers se trouvent dans une immense tente au plancher de béton poussiéreux. Elle est remplie de lits superposés avec de vieux matelas. Encore chanceux d’avoir un lit, somme toute confortable, et d’avoir accès à une douche chaude.
Les premières journées sont principalement consacrées aux briefings de sécurités et à la découverte de cette ville de 10 000 militaires construite en plein désert. On y trouve de tout: des gymnases, un mini centre d’achats, un Burger King et un Tim Hortons, symbole puissant de la présence canadienne dans cette ville multinationale composée de Britanniques, de Hollandais, d’Américains, de Roumains et bien entendu de Canadiens, sans oublier les Polonais, les Estoniens et tous les autres que j’ai pu oublier.»
Le capitaine Jocelyn Lemay est membre des Forces Canadiennes. Il effectue présentement une opération humanitaire à Kandahar, au sud de l’Afghanistan, exercice supervisé par l'Organisation des Nations Unies.
(Photo: courtoisie)