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Journal de Rosemont / Petite-Patrie
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Nuit Magique

Un conte de P. Wiriot et S. Hubert

Article mis en ligne le 12 décembre 2007 à 16:00
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Nuit Magique
Un conte de P. Wiriot et S. Hubert
Il était astronome et vivait en haute Égypte. Cela se passait en l'an vingt et un jours avant Jésus-Christ (B.C.).



Toutes les nuits, il observait le ciel à travers une lunette, fruit de ses travaux d'optique. Le jour, il dormait.



Donc un jour, en son sommeil, il eut un songe d'un messager, étincelant comme les pierres précieuses au soleil, qui lui révéla l'avènement d'un nouveau-né qui sera le sceau d'alliance entre le peuple du ciel et les hommes. Le moyen pour rejoindre cet Enfant-symbole lui serait révélé cette nuit dans le ciel.



Aussitôt éveillé il se rendit à son observatoire, s'y installa comme d'habitude et commença à scruter le ciel. Tout à coup, il vit une étoile qui commençait à se déplacer en ondulant, comme les bosses d'un chameau! Il se frotta les yeux pour bien s'assurer que ce n'était pas une illusion; regarda à nouveau dans son télescope, alors l'étoile se mit à changer de couleur, allant du vert émeraude à l'orange vif; tout ça au travers de ce qui semblait être du métal chauffé à blanc. Il fut abasourdi! C'était sûrement la révélation promise par le messager du songe. Il courût chez lui, fit ses bagages et sauta sur son chameau, pour suivre cette étoile extraordinaire. Il se mit en route tout en chantant "I'm a poor lonesome cowboy..."



Il se déplaça ainsi toutes les nuits, suivant cette merveille dans les cieux. Après vingt nuits, il arriva au poste frontière Abou Aoukeia, porte de la Palestine.



Le centurion lui demanda :



Avez-vous quelque chose à déclarer?



Il ne voulut pas lui dire qu'il cachait de l'encens dans le fond de son sac. Pas question du tout! Depuis que le Roi Hérode avait proclamé l'encens illégal, quiconque était pris en possession ou importait cette substance destinée aux dieux seulement, était puni d'amende et de prison. Mais parce qu'il était habillé comme un prince, le douanier le laissa passer avec des mots de bienvenue.



Maintenant qu'il était entré en Palestine, il se rendit à la ville la plus près, El Aoudja, et décida d'y passer la journée. Il se mit à la recherche d'une auberge, en trouva une dans une petite rue transversale. Il demanda une chambre, expliquant à l'aubergiste qu'il voyageait de nuit et voulait un gîte tranquille pour le jour. Tout en l'entraînant dans la taverne, l'hôtelier lui dit qu'il y avait dans son établissement deux autres voyageurs qui comme lui se déplaçaient la nuit. La taverne était construite en bois rond avec un toit de chaume soutenu par des poutres dégrossies à la hache sous lesquelles se tenaient des dizaines de tables faites de planches autour desquelles palabraient des clients, tous aussi colorés les uns que les autres : chameliers, marchands, nomades venant d'un peu partout en Asie, d'Égypte et de Rome. L'aubergiste lui montra, près du feu où un chaudron laissait échapper des odeurs d'épices et de mystère, deux personnages richement vêtus qui discutaient d'un air sérieux. L'un d’eux avait la peau noire.



Il alla vers eux, se présenta.



Melchior, astronome égyptien et voyageant de nuit.



Le nègre lui répondit qu'il était Gaspar, roi de Namibie et aussi astronome.



L'autre, le plus grand des trois et de complexion claire, se présenta comme étant Balthazar, aussi astronome et aussi égyptien.



Ils se mirent à échanger sur leur randonnée et sans surprise ils comprirent qu'ils suivaient tous les trois la même chose dans le ciel...



À cela, Gaspar prit trois vases d'étain, y versa du vin et propose un toast à l'Enfant qui naîtra cette nuit dans une étable entre un boeuf et un âne, à quelques kilomètres plus au nord dans une petite ville nommée Bethléem.



Tel l'éclair, un courant de chaleur fraternel traversa chacun d'eux, suivi d'une explosion de joie.



Ils eurent un réveillon, avec de la dinde, des atacas, de la purée de pommes de terre, du ragoût, de la tourtière, et célébrèrent le premier Noël avant Jésus-Christ (B.C.).



C'est ainsi que la tradition s'installa, car ils répétèrent cette coutume année après année.





Sonya Hubert

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