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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
Culturel Mademoiselle
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Bum au grand cœur

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 30 janvier 2008 à 10:00
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Bum au grand cœur
Normand Brathwaite a fait découvrir des artistes d'autres cultures à des centaines de milliers de Québécois. (Photo:Éric Carrière)
Bum au grand cœur
Avec l'émission musicale Belle et Bum, qu'il anime depuis 2003 à Télé-Québec, Normand Brathwaite a ouvert la porte télévisuelle aux communautés culturelles. Le Gala Soba, qui célèbre la culture noire au pays, rendra le 2 mars prochain un hommage bien mérité à ce fils de Jamaïcain qui a grandi dans Rosemont.
Normand Brathwaite a souvent joué les Noirs de service. Il n'en garde aucune amertume. Au contraire, la couleur café au lait de sa peau l'a aidé à se tailler une place dans le monde du spectacle. «J'ai été le premier Noir à percer dans ce milieu. Grâce à ma couleur, les gens m'ont reconnu. Cela m'a servi», déclare-t-il.

Normand Brathwaite est partout. Télé, radio, animation de nombreux galas et événements spéciaux. Depuis 10 ans, c'est à lui qu'on fait appel pour présenter le spectacle de la Saint-Jean à Montréal. Qui dit mieux en matière d'intégration ? Il faut dire que le bouillant animateur porte de bon cœur le flambeau du multiculturalisme. Rien d'étonnant donc à ce que le Gala Soba l'ait choisi pour le prix Hall of Fame 2008, qui vient «souligner son accomplissement auprès de la communauté noire».

«Recevoir un prix pour son métier, c'est flatteur. Quand c'est pour souligner une mission, c'est d'autant plus plaisant. Cela nous rappelle que ce que l'on fait contribue à faire se passer quelque chose de remarquable», considère l'animateur.

Né le 27 août 1958 dans Côte-des-Neiges, le cadet des trois fils Brathwaite a passé son enfance à l'angle de la rue Saint-Hubert et du boulevard Rosemont. Il a fréquenté les écoles Saint-Étienne, Clarence-Gagnon et Père-Marquette. «À l'époque, on était les seuls Noirs dans Rosemont. À l'école, je me suis fait traiter de maudit Italien ! Le gars voyait que je n'étais pas comme lui, mais il ne savait pas mettre un nom sur ma race !» blague-t-il.

Les trois frères font front aux quolibets. Rapidement, ils trouvent un moyen rassembleur de toucher les gens : la musique. C'est la belle époque des messes à gogo à l'église St-Étienne. Les frères Brathwaite font remuer les paroissiens aux rythmes de Joe Cocker et des «top forties». «On jouait de tous les instruments : guitare, basse, batterie. J'ai appris beaucoup avec mes frères», confie-t-il

Au début des années 1980, après des études en théâtre au cégep Lionel-Groulx, Normand Brathwaite fait ses premiers pas à la Ligue nationale d’improvisation. Puis il fait partie du groupe musical Soupir et participe à la comédie musicale Pied de poule.

Mais sa carrière décolle vraiment lorsque Denise Filiatrault lui confie le rôle du Haïtien Patwice dans Chez Denise. « Ma vie a changé du jour au lendemain, résume-t-il. Le personnage était extrêmement sympathique. Après ça, comment haïr le gars noir que tu croisais dans la rue ?»

Souvent identifié comme haïtien, Normand Brathwaite a pourtant ses racines en Jamaïque. Sa famille paternelle vient de Kingston. Plusieurs fois, il a essayé de partir à la rencontre de ses origines, mais il a déchanté. «Je suis marié à une belle grande blonde. Là-bas, les couples mixtes ne sont pas bien venus.» Pour aller rendre visite à sa famille dans la capitale, on lui a conseillé de louer un véhicule blindé. Il a abandonné l'idée. Toute idée de violence le met mal à l'aise.

Une répugnance qui le tient éloigné des grandes manifestations à caractère racial. «Je pense qu'il y a d'autres façons de faire les choses que la violence. La justice existe, on doit la laisser suivre son cours», estime-t-il.

En juin 2007, l'homme-orchestre aux multiples talents, à la fois comédien, animateur, humoriste, chanteur et musicien, a reçu des mains de la ministre Yolande James le prix Jacques-Couture, soulignant sa contribution à la promotion du rapprochement interculturel. Un honneur qui l'a touché profondément.

Il suit de loin le débat sur les accommodements raisonnables. «Je ne crois pas qu'une commission peut changer les choses. Par contre, elle peut aider les gens à se rapprocher. On vit tous ensemble dans un gros condo. À un moment, faut se parler.»
Qu’est-ce que le gala SOBA?
Le Gala des prix SOBA, qui veut dire « Sounds of Blackness Awards », est un organisme à but non lucratif qui a pour but d’honorer les artisans de la culture noire, québécoise et canadienne pour leurs accomplissements au cours de la dernière année, de faire découvrir les richesses de cette culture ainsi que de rendre hommage à tous ceux et celles qui en font la promotion de près ou de loin.

Fondé par le Québécois d’origine haïtienne Ruddy B. Eloi, comédien pendant 15 ans de la très populaire télésérie Watatatow, ce gala récompense à la fois les artistes, chanteurs, athlètes, politiciens et personnalités du monde culturel qui font découvrir toutes les richesses de cette culture présente au Québec depuis plus de 400 ans, et ce, peu importe la couleur ou l’origine. Toutes ces personnes sont en fait des « artisans » de la culture noire. Cette communauté regorge de gens talentueux.

Le gala, qui en sera cette année à sa troisième édition, réunira plus de 30 candidats dans une trentaine de catégories différentes. C’est l’animatrice Varda Étienne qui sera à la barre de l’événement qui se tiendra le dimanche 2 mars au Théâtre Outremont de Montréal.

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