Monique Kasanda incarne le courage de toutes ces femmes qui se prennent en main pour améliorer leur sort et celui de leurs proches.
(Photo: Jacques Pharand)
Monique Kasanda: Un bel exemple de détermination
Il y a cinq ans, Monique Kasanda venait s'établir dans La Petite-Patrie. Elle arrivait tout droit du Congo, seule, sans diplôme, enceinte, avec deux autres enfants en bas âge. Aujourd'hui, elle estime que le pire est derrière elle. En marge de la Journée internationale de la femme, le Journal de Rosemont–La Petite-Patrie présente le parcours de cette jeune femme pleine de courage et de détermination.
Le premier réflexe de Monique Kasanda a été d'aller chercher de l'aide. La jeune immigrante est d'abord allée frapper à la porte du CLSC La Petite-Patrie, sur Saint-Vallier. C'est là qu'on lui a notamment parlé de la Maisonnette des parents.
L'organisme qui vient en aide aux familles du quartier depuis 20 ans l'a aidée à se loger dans une coopérative d'habitation, à se meubler, mais surtout, lui a donné les outils pour se prendre en main. L'attestation d'études collégiales qu'elle a par la suite décrochée au collège Maisonneuve, elle l'a doit en parti à l'équipe de la Maisonnette, notamment sœur Madeleine, la fondatrice, qui a joué un rôle crucial dans l'intégration de la jeune femme dans la société québécoise. «J'arrivais seule dans un nouveau pays, et je manquais d'information sur les démarches à faire. Sœur Madeleine m'a beaucoup aidée.»
Mme Kasandra a dû souvent se relever les manches et s'accrocher à son rêve. Aller conduire les deux grands à l'école et le petit dernier à la garderie, pour se rendre à son tour sur les bancs d'école, matin après matin «parfois avec de la neige jusqu'aux genoux», n'a pas toujours été de tout repos. «Ça prend du courage et de la détermination», admet-elle.
«J'avais un but. Je voulais avoir un bon emploi qui me permettrait de bien faire vivre ma famille et d'être avec eux le soir. Mes enfants ont été ma principale motivation. Il faut aussi savoir ce qu'on veut dans la vie. Quand on a un but, ça va vite, on ne perd pas de temps à chercher.»
Mission accomplit
Aujourd'hui âgée de 36 ans, la jeune immigrante se considère chanceuse et peut souffler un peu. Elle a obtenu un emploi bien rémunéré dans l'Ouest-de-l'Île et tente maintenant de trouver quelque chose de similaire plus près de sa maison.
La chance seule ne vaut rien sans détermination, juge-t-elle. «Il faut avoir beaucoup d'énergie pour se lever tous les jours, étudier et s'occuper des enfants. Mais il ne faut pas lâcher. Pour les enfants, je ne pouvais pas abandonner. Je savais que cette situation était temporaire. Je voulais améliorer mon sort et je suis restée fidèle à mon but.»
«Il y a toujours des gens qui peuvent nous aider à poursuivre nos rêves, poursuit-elle. Il ne faut pas se décourager».
Ses enfants fréquentent l'école du quartier, elle est active sur le marché de l'emploi. Bref, Monique Kasanda aspire aujourd'hui à un bel avenir dans sa communauté d'adoption.
(Photo: Jacques Pharand)
«Je suis restée fidèle à mon but.» @CSi:Monique Kasanda