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Une histoire de cœur

40e anniversaire de la première greffe cardiaque au Canada

Mariève Tremblay par Mariève Tremblay
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Article mis en ligne le 1 juin 2008 à 8:00
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Une histoire de cœur
Aujourd'hui pétante de santé, Manon Larocque a elle aussi subi une greffe du cœur à l'âge de 23 ans. (Photo: Éric Carrière)
Une histoire de cœur
40e anniversaire de la première greffe cardiaque au Canada
La semaine dernière, alors que les yeux des Québécois étaient principalement tournés vers les « histoires de cœur » de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, et de son ex-conjointe, Julie Couillard, l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM) proposait de véritables histoires de cœur: celles marquant le 40e anniversaire de la première greffe cardiaque au Canada.
C'est le Dr Pierre Grondin, de l'ICM, qui a été le premier à réaliser une greffe de cœur au pays, le 30 mai 1968. Rappelons qu'à cette époque, les greffés ne survivaient, en moyenne, plus que quelques semaines à l'intervention, essentiellement en raison des rejets. « Après neuf transplantations, nous n'avions pas connu un succès aussi mirobolant que prévu. Disons que nous nous attendions à mieux. Après consultation, nous avons décidé d'arrêter, tout comme le reste du monde, et de suspendre les programmes de greffes cardiaques au début de l'année 1969 », raconte Dr Michel Carrier, chirurgien cardiaque à l'ICM.

Ce n'est qu'au début des années 1980, peu après la découverte de la cyclosporine, un puissant immunosuppresseur, que l'Institut a repris du service en matière de transplantation. Ainsi, le 24 avril 1983, Diane Larose a été la première patiente à être greffée. Depuis, elle a reçu une deuxième greffe de cœur, ainsi que trois greffes rénales. Présente lors des petites célébrations du 40e anniversaire, Mme Larose n'a eu que de bons mots pour l'équipe de spécialistes. « Si j'ai réussi à passer à travers tout ça, c'est que j'ai un médecin qui a une tête de cochon, a-t-elle affirmé, d'entrée de jeu. Mais, vous savez, les vrais héros, ce sont les donneurs et leurs familles. Ma seule façon de les remercier, c'est de profiter pleinement de la vie. » Outre Mme Larose, près d'une dizaine de personnes transplantées ont assisté aux célébrations.
De belles réussistes
Les médias ont beaucoup parlé de cette première greffe. À l'époque, l'intervention avait choqué certaines personnes. Depuis, les préjugés concernant cette intervention se sont estompés. Au cours des 25 dernières années, 336 greffes cardiaques ont été réalisées à l’ICM. Aujourd'hui, la probabilité de survie atteint presque 90 % pendant la première année avec une durée de vie excédant fréquemment une dizaine d'années. La transplantation cardiaque reste toutefois limitée par la faible disponibilité des greffons de cœur.
« À l’ICM, nous réalisons entre 12 et 15 greffes cardiaques par année et c’est à chaque fois un immense bonheur de pouvoir ainsi accorder une seconde vie à tous ces patients, a souligné Dr Guy B. Pelletier, cardiologue et responsable de l’équipe de greffes cardiaques à l’ICM. Le bonheur évident qui illumine le visage de tous nos greffés du cœur présents ici aujourd’hui pour souligner cet anniversaire est également un vibrant témoignage pour sensibiliser la population à l’importance du don d’organes. »

(Photo: Éric Carrière)
«Les vrais héros, ce sont les donneurs et leurs familles.» @CSi:Diane Larose

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