Depuis 2006, l’équipe va de compétition en compétition, d'avril à septembre. (Photo: Jacques Pharand)
Des Yétis courent dans la métropole
louise.potvin@transcontinental.ca
Le vélo gagne en popularité dans la métropole. Il suffit de sillonner les pistes pour s'en convaincre. Certains adeptes sont plus mordus que d'autres et n'hésitent pas à parcourir le Québec, et plus, afin d'ajouter des kilomètres au compteur. Mais les Yétis, un groupe de coureurs cyclistes élites dont la plupart habitent Rosemont–La Petite-Patrie, décuplent le plaisir de rouler en tentant de battre des records de vitesse.
Lucie Poulin est de l'équipe féminine les Yétis, formation qui porte les couleurs de la boutique de vélos et de plein air Le Yéti, située boulevard Saint-Laurent. L'équipe est composée de 10 athlètes, 5 filles et 5 gars. Les cyclistes participent aux diverses compétitions cyclistes sur route, défis le plus souvent proposés par la Fédération québécoise des sports cyclistes, la FQSC. Ils courent aussi ailleurs au pays et occasionnellement chez nos voisins du Sud.
Pour la jeune femme comme pour ses complices, le vélo est définitivement plus qu'un simple moyen de transport lui permettant d'aller du point A au point B. C'est une passion à laquelle l'équipe s'adonne à fond la caisse, une quinzaine d'heures par semaine. Ainsi, on peut régulièrement les voir rouler à la file indienne sur le circuit Gilles-Villeneuve ou gravir le mont Royal par la voie Camillien-Houde.
Il y a quelques mois, les Yétis ont fait bonne presse lors du critérium du Père Sablon au parc Laurier, une des rares courses montréalaises. Nos cyclistes ont littéralement cassé la baraque en remportant les honneurs, chez les femmes et chez les hommes.
Ces athlètes sur roues cumulent d'ailleurs les victoires et les bons résultats. Pour l'an prochain, les filles ont, dans leur mire, la Coupe du monde sur le mont Royal et le Tour du Grand Montréal. «Ces deux compétitions féminines de niveau international qui se déroulent ici même, dans la métropole, s'ajouteront à notre calendrier régulier qui compte une trentaine de courses», explique Lucie Poulin.
La recette gagnante
Pour gagner une compétition, ce n'est pas tout d'avoir la forme, explique l'athlète de Rosemont–La Petite-Patrie. Il faut adopter la bonne stratégie et être capable de composer avec les caprices de Dame nature. «Il faut rester à bord du peloton, cette bête sauvage qui passe tel un train impatient, livrer une guerre sans merci contre le vent qui oblige les coureurs à rouler épaule à épaule, ne pas brûler inutilement ses cartouches d’énergie pour pouvoir pousser le pied lors des attaques dans les montagnes russes de Charlevoix, et enfin, se relever quand l’ennemi nous a déjà mis k.o. Nous éprouvons une souffrance que l’on aime apprivoiser et, comme une drogue, on prend plaisir à en redemander», raconte la jeune cycliste.
En cumulant les bonnes performances, la formation cycliste espère pouvoir mettre sa discipline sur la mappe. Car, bien que le vélo semble de plus en plus entrer dans les habitudes de vie des Québécois et défraie les manchettes lorsque vient le tour de France, étrangement, la course cycliste au Québec suscite peu d'intérêt dans la population et dans les médias locaux, constate Lucie Poulin.
Des bonnes adresses pour les mordus