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Embrasser le toit de l'Afrique

Louise Potvin par Louise Potvin
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Article mis en ligne le 21 août 2008 à 9:45
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Embrasser le toit de l'Afrique
Nicolas Noiseux a profité de ce laboratoire à ciel ouvert pour tester les effets d'un faible taux d'oxygène sur la coagulation sanguine. (Photo: Jacques Pharand)
Embrasser le toit de l'Afrique
Nicolas Noiseux a beau avoir repris son poste à l'Hôtel-Dieu, il a encore la tête au-dessus des nuages qui planent sur le continent africain. Le chirurgien cardiaque, aussi chercheur-clinique au Centre hospitalier de l’Université de Montréal, a été rencontré au lendemain de son retour d'une expédition sur la plus haute montagne de l'Afrique, le Kilimandjaro. L'ascension marquait notamment l'aboutissement d'une collecte de fonds réalisée au profit de la Fondation des maladies du cœur du Québec.

Une semaine. Voilà le temps qu'il aura fallu aux 18 des 21 Montréalais qui ont pris part à cette expédition pour attendre le toit de l'Afrique. Des hommes et des femmes âgés de 30 à 60 ans. «Nous sommes la preuve qu'avec un minimum d'entraînement, tout le monde peut réussir ce genre de défi», témoigne Nicolas Noiseux.

Ce spécialiste du cœur a voulu incarner ce qu'il prêche au quotidien. Et, de prime abord, l'entraînement préparatoire que s'est imposé le petit groupe montréalais n'a rien de bien sorcier. Conditionnement physique à raison de trois à quatre fois semaine et pour le docteur Noiseux, déplacements quasi quotidiens à vélo entre son domicile de Rosemont et l'Hôtel-Dieu, rue Saint-Urbain.
Vaincre la montagne
Bien que le programme physique soit accessible à Monsieur et Madame Tout le Monde, il ne faut pas sous-estimer l'importance de la forme des marcheurs, la clé du succès d'une telle aventure, insiste le médecin. Car les embûches en altitude sont bien réelles : la randonnée avec 50 livres de matériel sur le dos et des températures pouvant chuter sous la barre des 20 degrés Celsius constituent un défi de taille. Il faut aussi composer avec l'oxygène qui, en se raréfiant, peut causer ce que les grimpeurs appellent le mal des montagnes, phénomène pouvant entraîner perte de conscience, nausées, céphalées, diarrhées, oedème cérébral ou pulmonaire. Bref, rien à voir avec des vacances sur la Côte d'Azur...
Chaque pas qui les rapproche du sommet situé à 5 895 mètres d'altitude devient une victoire personnelle. «À cette hauteur, ça demande 20% de force physique et 80% de force mentale, raconte Nicolas Noiseux. Avancer, respirer et même dormir dans ces conditions est douloureux. J'ai vraiment réalisé qu'il y a des limites à pousser la machine humaine», conclut ce gaillard, aussi père de trois jeunes enfants.
Pour la science
Deux objectifs se sont greffé au défi que représente l'ascension même du Kilimandjaro, le premier étant d'amasser des fonds pour la Fondation des maladies du cœur. Avec plus de 145 000 $ dans la cagnotte, le but a été largement dépassé.
L'autre projet inscrit à la feuille de route était de tester les effets de l’altitude sur la coagulation sanguine. Le manque d'oxygène au cerveau a fait l'objet de moult recherches, alors que rien ou très peu n'a été réalisé sur l'augmentation potentielle des risques de thrombose ou d'embolies dans ces conditions, donne en exemple le chercheur.

Nicolas Noiseux a donc sauté sur cette occasion unique. Le docteur Michel Pellerin, chirurgien cardiaque à l’Institut de cardiologie de Montréal, aussi de l'aventure africaine, a épaulé le docteur Noiseux dans cette recherche.

À l'aide de petits moniteurs similaires à ceux qu'utilisent les diabétiques, les deux chercheurs prélevaient quotidiennement une petite goutte de sang sur le bout du doigt des participants pour mesurer divers paramètres. Le dernier test a été réalisé au retour des grimpeurs, avant qu'ils ne quittent l’aéroport. «Malgré les conditions difficiles, les échantillons ont été prélevés de manière rigoureuse», certifie M. Noiseux. Les résultats de ce projet pilote devraient être connus dans quelques semaines.

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