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L'an 1 du cours d'éthiques et cultures religieuses

Le doute des enseignants

par Olivier Arbour-Masse
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Article mis en ligne le 2 septembre 2008 à 10:59
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L'an 1 du cours d'éthiques et cultures religieuses
Le doute des enseignants
Au secondaire, ils sont prêts. Au primaire, leur formation est, dans certains cas, incomplète. Mais si les enseignants de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) appréhendent le cours d'éthique et culture religieuse, c'est surtout parce qu'ils voient mal comment ils pourront évaluer les compétences des élèves dans cette matière.
Depuis la dernière réforme du système de l'éducation, les enseignants sont contraints d'évaluer les compétences des étudiants plutôt que les connaissances acquises. Le nouveau programme de culture et d'éthique religieuse, qui remplace les cours d'enseignement religieux et moral et par lequel s'achève la laïcisation des écoles québécoises, ne se prête pas à ce système d'évaluation, selon eux.

En fait, l'Alliance des professeurs de Montréal, le syndicat couvrant la CSDM, ne croit pas qu'il soit possible de juger les compétences acquises dans ce nouveau cours, pour lequel une évaluation des connaissances conviendrait mieux.

« En chimie, les compétences sont faciles à évaluer: il suffit de faire réaliser des expériences en laboratoire, donne en exemple l'attaché de presse du syndicat, Yves Parenteau. Mais en éthique et culture religieuse, ce sont des connaissances que les élèves acquièrent plutôt que des compétences. »

Pour inquiéter d'autant plus les enseignants, les consignes d'évaluation n'ont pas encore été fournies par la CSDM. L'Alliance a demandé à la CSDM de ne pas avoir à évaluer les élèves pour la première année du programme, à tout le moins. « On préfère se familiariser avec le cours en premier, tant qu'à improviser les consignes », lance M. Parenteau.
Où sont les manuels?
Pour ajouter au climat d'instabilité, les manuels pédagogiques du nouveau cours tardent à être distribués. Le 28 août dernier, jour de rentrée, aucune école de la CSDM ne les avait reçus et Yves Parenteau ignorait quand ils seraient livrés. « On est habitué à cela avec la réforme. Mais ça deviendra un vrai problème si on ne les a toujours pas en octobre », soutient l'attaché de presse de l'Alliance des professeurs de Montréal.
Le bureau d'approbation de la CSDM a approuvé le manuel et il devrait être livré sous peu, selon le responsable des communications, Alain Perron. « Même s'ils n'ont pas le manuel tout de suite, ils ne sont pas laissés en plan, poursuit M. Perron. On leur a fait parvenir une trousse de départ qui comprend divers outils avec lesquels ils peuvent amorcer le cours: un cédérom audio, un DVD, des livres, un calendrier multireligieux, etc. »
Adaptation des enseignants
« Au secondaire, l'effet de choc est passé », rapporte M. Parenteau. Les enseignants ont reçu un perfectionnement suffisant. « Les professeurs étaient déjà spécialisés en enseignement religieux et moral. Comme ils ne s'occupent que d'une matière, contrairement au primaire, il est plus facile pour eux de modifier leur contenu », poursuit l'attaché de presse à l'Alliance des professeurs de Montréal.
Au primaire, par contre, la formation ne satisfait pas l'ensemble du corps enseignant. Certains ne l'avaient reçue que partiellement au moment d'accueillir les élèves à la rentrée du 28 août, selon M. Parenteau

Du côté de la CSDM, on affirme que 1650 professeurs du primaire, soit 95 % du corps professoral, ont reçu deux demi-journées de formation en 2007-2008. Les autres, absents pour diverses raisons, ont pu se rattraper le 27 août, avec une demi-journée de formation.

« En plus, le conseiller pédagogique du réseau Est, celui étant responsable du cours d'éthique et culture religieuse, a offert près de 200 formations aux écoles qui en faisaient la demande, explique Alain Perron. En plus, ils bénéficieront d'un soutien tout au long de l'année scolaire qui vient de débuter. »

(Photo: Jacques Pharand)

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