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L’affaire est dans le sac

Rencontre avec une jeune designer prometteuse

par Emiliano Arpin-Simonetti
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Article mis en ligne le 5 septembre 2008 à 14:50
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L’affaire est dans le sac
Karine Tremblay et quelques échantillons de sa collection d’été et d’automne.(Photo: Emiliano Arpin-Simonetti)
L’affaire est dans le sac
Rencontre avec une jeune designer prometteuse
Du DEC en sciences de la nature, elle est passée au design de mode pour ensuite se diriger vers un bac en environnement à l’UQAM. Un parcours académique qui peut sembler erratique pour certains, mais qui révèle au contraire les préoccupations de Karine Tremblay. La jeune designer de 25 ans vient en effet tout récemment de lancer kãryn, sa propre ligne de sacs et d’accessoires de mode, entièrement faits au Québec avec des vêtements recyclés et récupérés.
Après avoir complété son DEC en design de mode au collège LaSalle, Karine Tremblay a quitté le milieu, qui ne correspondait pas à ses valeurs. «Dans la mode maintenant, la fabrication ne se fait plus au Québec, elle se fait au Bangladesh, en Inde, en Chine… Il y a aussi un manque de création, ça devient une grosse business d’argent et on n’a plus un produit artistique comme ça pouvait se faire avant», raconte-t-elle, derrière les sacs de sa nouvelle collection d’automne, déployés sur la table devant-elle. Ces créations, elle les a faites à la main dans le petit atelier de son quatre et demi sur le Plateau. «J’avais vraiment le goût de faire de la création et de faire un produit qui a plus de valeur humaine et environnementale», ajoute-elle.

Depuis la fin du mois d’avril, les gens ont pu voir les créations de Karine Tremblay, lancées sous la griffe kãryn, à l’occasion du salon de l’environnement au mois de juin dans le Vieux-Port, de même qu’à l’Autre marché de Rosemère, une foire de produits bios, écolos et équitables. Une dizaine de boutiques sur le Plateau, dans le Mile-End et sur la rue St-Hubert ont également ses produits en consignation. Elle participera de plus au salon de la mode éthique et équitable Modéthik, qui se tient à la biosphère du 18 au 20 septembre prochain.

Si sa gamme de produits a rapidement su attirer l’attention, l’idée de fonder sa propre compagnie, Karine l’a en tête depuis au moins trois ans. «C’est une idée qui m’est venue quand je suis entrée dans le milieu de la mode et que je trouvais qui ne rejoignais pas mes valeurs. Je me suis dit que j’allais partir quelque chose à moi, avec des matériaux recyclés.» Après avoir suivi une formation de six mois en démarrage d’entreprise à la Corporation de développement économique et communautaire (CDEC) d’Ahuntsic, elle se lance seule dans l’aventure des accessoires de mode éco-responsables. Malgré la popularité croissante des vêtements recyclés et équitables, la niche des accessoires restait à exploiter.

«Ma première boutique, j’y suis rentrée par hasard et j’avais une de mes créations avec moi, La propriétaire était super intéressée par ma ligne et m’a demandé de lui apporter quelques échantillons pour les mettre en boutique, ce qui est rare parce qu’elle reçoit un ou deux appels par jour de nouveaux designers qui veulent entrer dans la boutique, raconte la jeune entrepreneure. C’était un bon timing, elle avait de la place pour ce genre de produit-là et elle était intéressée. Et c’est de là que c’est parti!»

Si le démarrage d’une entreprise requiert toujours beaucoup de travail, Karine est optimiste pour l’avenir et pour sa collection d’automne. Entre ses cours à l’UQAM, qu’elle débute cet automne, elle compte notamment vendre ses sacs et accessoires directement aux boutiques, où ils sont tenus en consignation pour l’instant.

«La première collection je la prends comme un test de marché, explique-t-elle. Je sais maintenant plus ce que les gens veulent comme produit et comme prix et j’imagine que la collection d’automne va mieux aller; mais j’ai eu quand même de bonnes ventes cet été.»

Pour voir les créations de la ligne kãryn, visitez sa page au : www.myspace.com

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