Les ados, ces grands oubliés
Le Regroupement des maisons de jeunes du Québec réagit au débat des chefs
«Les adolescents sont bien plus que des jeunes contrevenants potentiels de qui il faut se méfier, a déclaré Céline Morin, directrice du Regroupement des maisons de jeunes du Québec (RMJQ). Malheureusement, le discours dominant à ce sujet lors du débat des chefs d’hier, est celui de Stephen Harper pour qui les jeunes en difficulté sont perdus d’avance. »
Le RMJQ s’oppose au durcissement de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents proposé par le gouvernement Harper. Non seulement les mesures répressives et coercitives sont reconnues inefficaces, prône l'organisation, mais, ici au Québec, des pratiques axées sur la réhabilitation ont fait leurs preuves auprès des ados tel qu’en témoignent les statistiques de non-récidive dévoilées par des spécialistes des Centres jeunesse réunis la semaine dernière à Longueuil.
En outre, et ce pour l’ensemble des adolescents-es, le meilleur outil pour les soutenir dans un passage harmonieux vers l’âge adulte est la prévention. Jack Layton a été le seul hier à faire référence à la nécessité d’investir en prévention auprès des jeunes, avance le RMJQ qui croit qu'il faut surtout prévenir le décrochage scolaire, la violence, la pauvreté, le mal-être, autant d’ingrédients associés au développement de la criminalité.
Au cours des 30 dernières années, les organismes communautaires jeunesse ont développé ces pratiques alternatives d’empowerment. Complémentaire au support que peuvent apporter la famille et l’école, le travail de ces organismes auprès des jeunes souffre toujours de trop peu de reconnaissance et de soutien financier. Plus nos adolescents évolueront dans des milieux de vie sains qui se préoccupent de leur bien-être, moins nous aurons collectivement à faire face à l’expression de leur détresse, fait valoir le RMJQ.