Prendre une pause avec le docteur Béliveau. (Photo: Éric Carrière).
Invitation à la lenteur
La gestion du stress, selon le docteur Robert Béliveau
Il y a 8 ans, le docteur Robert Béliveau renonçait à sa pratique pour se consacrer exclusivement à la prévention de la santé. Son dada? La lutte au stress. En ralentissant notre rythme de vie, on éviterait bon nombre de maladies, de l'eczéma au trouble panique en passant par le burnout, dit-il. Posologie du docteur Béliveau: Un temps d'arrêt tous les jours.
Respirer calmement et profondément, changer son rapport à l'argent, faire du sport, voilà l'essence du message qu'il livre dans ses ateliers au Centre Épic de l'Institut de cardiologie de Montréal et de façon abrégée dans ses conférences sur la gestion du stress. Mais tout ça n'a rien de bien neuf, a-t-on envie de répondre au bon docteur, car malheureusement, même l'ennemi a été repéré, il semble bien difficile à abattre...
Sa recette n'a rien de nouveau, convient le Dr. Béliveau, mais elle fonctionne, assure-t-il. Lui-même a entrepris un virage personnel qui se situe à mi-chemin entre la lenteur et la simplicité volontaire.
«Pour cela, il faut accepter de vivre une certaine marginalité. Les gens anxieux sont obsédés par un avenir qui est incertain. Résultat? Ils perdent pied dans le présent. On court après la retraite, après la fin de semaine et on oublie de vivre l'instant présent.»
Les moyens pour diminuer la pression existent. Pourquoi ne pas se donner un temps d'arrêt chaque jour, par la méditation suggère-t-il, ou tout simplement, ralentir le rythme de la journée en s'imposant des moments où on va intentionnellement plus lentement. De l'entrepreneur, à la mère de famille au retraité, tous avons avantage à dompter le stress. Car on ne peut vivre avec l'adrénaline au maximum à longueur de journée «dans un état de stress perpétuel», constate le docteur Béliveau qui n'hésite pas à accuser le stress d'être pratiquement le responsable de tous les maux de la terre...
Ce n'est d'ailleurs pas anodin si M. Béliveau donne des ateliers à l'ICM. «Quand l'infarctus frappe, on peut profiter de la crise pour faire une prise de conscience sur sa vie», et éventuellement effectuer un changement de cap, résume-t-il.
Le stress est présent depuis que le monde est monde. Mais à notre époque, on n'a plus besoin de courir pour sauver sa peau, comme si un tyrannosaure nous poursuivait, rappelle Robert Béliveau.