Christian Yaccarini et Guy Favreau.
(Photo: Jacques Pharand)
Angus: un quartier qui vaut de l'or
Fallait-il s'étonner? En dix ans, le Technopôle Angus a cumulé les reconnaissances et les certifications pour ses bâtiments écolos. Il a aussi pratiquement imaginé de toutes pièces un modèle de parc d'entreprises responsables, gérant ses déchets et mettant de l'avant diverses mesures pour réduire le tout-à-l'auto. Ce sont tous ces efforts que le U.S.Green Building Council vient de couronner en accordant au plan d’aménagement du Technopôle Angus la certification LEED-ND or, le dernier-né des certifications LEED. Ce qui fait d'Angus le premier projet canadien à s'illustrer dans cette catégorie.
LEED-ND pour Leadership in Energy and Environmental Design for Neighborhood Development, dénomination qu'on pourrait plus simplement traduire par un développement durable réalisé en harmonie avec le voisinage.
Angus étant au cœur d'un quartier résidentiel, il a simplement mais scrupuleusement voulu s'intégrer dans le décor, en laissant le moins possible son empreinte sur l'environnement, et s'assurer d'une pérennité, côté emplois. Une ligne de conduite louable quand on sait que la fermeture des shops Angus du CP a fait, au début des années 1990, 22% de chômeurs et un nombre important d'assistés sociaux dans ce quartier ouvrier de Rosemont, en plus de léguer des terrains contaminés aux générations futures.
«Dès le départ, nous avons voulu faire du développement durable et soutenable: c'est dans la genèse du projet», insiste Christian Yaccarini, pdg du Technopôle Angus.
Pour lui, cette nouvelle certification va devenir un guide pour mener à bien l'ensemble du projet Angus «car une fois le bâtiment LEED construit, il faut savoir comment le gérer au quotidien», dit-il.
Durable et viable économiquement
Depuis 10 ans, des entreprises d'insertion, d'économie sociale, de design, de services de postproduction télé et cinéma, de biotechnologie, de services financiers, un gym, un spa, une garderie, un bistro, des studios numériques, alouette, ont élu domicile sur le site.
Mais ce n'est pas le bâtiment écolo qui attire les foules, ajoutera le pdg du Technopôle. Le coût du loyer demeure un critère déterminant. «Les entreprises vont venir s'établir si on leur demande le même prix que ce qu'elles paieraient dans bâtiment traditionnel», la nature humaine est ainsi faite, sait Guy Favreau, architecte d'AEdifica, firme derrière les bâtiments écolos d'Angus (et de la transformation de l'ancien Hôpital Bellechasse).
Certes, il reste du boulot à faire, le tiers seulement du site étant développé à ce jour. Outre le béton, il faut s'assurer avoir des abribus pour la ligne d'autobus 25 ou encore améliorer la performance du covoiturage interentreprises, chose qui n'est pas une mince affaire, souligne M. Yaccarini. On peut aussi tenter d'aller au-delà des 87% de matières récupérées sur le site, un score qui a toutefois déjà de quoi faire rougir d'envie bien des entreprises et même la Ville de Montréal.
Garder le cap
Ce sont 238 projets qui ont été soumis au USGBC: 18 certifications ont été décernées à ce jour. Angus s'est distingué pour la densité des constructions et la mixité des usagers, la qualité des aménagements du site, la gestion des eaux de ruissellement, sa contribution à la réduction des îlots de chaleur, l'architecture écologique, l'accessibilité aux transports en commun et l'intégration de valeurs sociales dans le développement.
Angus a remporté la première des trois phases de la certification. Avant d'obtenir sa certification finale, l'USGBC passera au peigne fin les travaux réalisés afin de s'assurer que le plan d’aménagement présenté a été respecté.
Angus en bref
1150 travailleurs
10 bâtiments
46 entreprises
500 000 pi2 développés
900 000 pi2 à développer dans un horizon de 10 ans.
Source: Technopôle Angus