Petites annonces | Enchères au Québec | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
Accueil
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Trois générations d’Ukrainiens à Rosemont

par Lucile de Pesloüan
Voir tous les articles de Lucile de Pesloüan
Article mis en ligne le 1 février 2009 à 10:06
Soyez le premier à commenter cet article
Trois générations d’Ukrainiens à Rosemont
Wolodymir Mota se relate des moments d’histoire avec sa fille, Christine Mota. (Photo:Éric Carrière)
Trois générations d’Ukrainiens à Rosemont
C’est en 1952 que Wolodymir Mota est arrivé à Montréal. « Je n’avais pas le choix. J’ai fuit la guerre », se rappelle-t-il. Selon les données du dernier recensement en 2006, 5440 personnes d’origine ukrainienne vivent au Québec, pour 59 460 au Canada. La première vague d’immigration a commencé au début du siècle dernier. Beaucoup d’Ukrainiens ont choisi d’immigrer en Australie, en Argentine, en Europe, au Canada .... Wolodymir Mota a choisi Manchester, en Angleterre à 17 ans. Puis à 25 ans, accompagné de son épouse, il a débarqué au Québec, « pour une nouvelle vie. Des amis de mon père vivaient ici, c’était plus facile. »

Les grands espaces les ont tout de suite séduits, « et la gentillesse des gens, leur ouverture », note Wolodymir. Le nouvel arrivant a rapidement trouvé du travail, à la compagnie aéronautique Pratt-et-Whitney. « J’y suis resté 37 ans et j’ai gravi les échelons. » A leur arrivée, beaucoup d’Ukrainiens se sont installés dans l’Est de la ville, près de la rue Ontario. « Puis quand les gens ont commencé à avoir plus de moyens ils ont pu acheter des maisons. Des églises ont été construites, des résidences. Rosemont est peu à peu devenue le cœur de la communauté ukrainienne », explique Christine Mota, la fille de Wolodymir. « A présent la communauté n’est plus aussi présente, rajoute son père, beaucoup d’Ukrainiens sont partis à Toronto. »

Toute son enfance, Christine l’a passée au cœur même de la communauté ukrainienne. « J’allais à l’école ukrainienne le samedi, je faisais partie des scouts, je prenais des cours de danse. C’était fastidieux, j’en voulais à ma mère, sourit-elle. Jamais, disais-je, je n’enverrai mes enfants à l’école le samedi. » Si son père prenait des cours de français pour s’intégrer du mieux possible, à la maison, on parlait ukrainien. « La langue était quelque chose de très important pour mes parents, se rappelle Christine Mota à 52 ans. Nous avons eut une éducation bilingue. Une chance. »

Wolodymir Mota a toujours été un membre pivot dans sa communauté. A l’âge de 17 ans, il a commencé à jouer de la Bandoura, instrument traditionnel ukrainien. « C’est un instrument très significatif, explique Christine Mota. Le bandouriste apportait les nouvelles dans les villages. Les Russes empêchaient ces communications. On leur enlevait les yeux. » Il joue régulièrement pour sa communauté, à 81 ans, le vieil homme a sorti son premier disque avec des reprises d’airs religieux et traditionnels.

Katrina Malazdrewicz, est la troisième génération de la famille Mota. Extrêmement fière de son grand-père, elle se sent responsable. « Mon niveau d’engagement a certes faibli, depuis mon adolescence, mais je veux transmettre ma culture. J’enverrai moi aussi mes enfants à l’école ukrainienne. Mais aurai-je la maitrise nécessaire que mes parents ont eut ? » A 25 ans, Katrina se rend compte de la chance inouïe qu’elle peut avoir. « Non seulement je parle trois langues depuis très jeune, mais en plus je suis extrêmement sensible aux autres cultures. »

Contrairement à ce qu’il imaginait lorsqu’il a quitté son pays à 17 ans, Wolodymir Mota est retourné en Ukraine. « Sept fois. Après l’indépendance. Avec ma femme, puis avec mes enfants. Je leur en avais peu parlé. J’avais tellement peur du côté négatif que j’aurais pu donner. » Katrina est elle aussi allé visiter son pays d’origine. « Je me suis retrouvée confrontée à des jeunes qui pensaient au Canada comme un pays d’or. Pour eux c’est une image d’espoir. »

Si un certain nombre d’Ukrainiens ont quitté Rosemont et Montréal pour Toronto, la famille Mota, elle, ne partira pas. « Nous sommes chez nous, c’est ici qu’on se sent bien », affirme le patriarche. Katrina quant à elle, gardera toujours Montréal comme point central. Mais ce qu’elle souhaite, c’est découvrir le monde.

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


La question du net