On aperçoit Samer Kandaleft devant ses photos du quartier»(Photo: Éric Carrière)
Mon quartier en images
Les nouveaux arrivants ouvrent le regard des habitants de Rosemont
La semaine dernière avait lieu l’inauguration de l’exposition « Mon quartier en images. » Une centaine de personnes étaient réunies au collège de Rosemont pour apprécier les travaux des 44 participants au projet. Le comité accessibilité de Rosemont est à l’initiative du projet, coordonnée par la Corporation de Développement Communautaire. « L’objectif était de capter le regard que le nouvel arrivant peut avoir sur son quartier », explique Magdalena Schweiger, coordinatrice du projet.
Sur les onze groupes de francisation du collège de Rosemont, trois ont contribué au projet Mon quartier en images. « Ils sont parti avec une camera jetable l’objectif étant de ramener un cliché de Rosemont », explique Lise M. Cloutier, conseillère pédagogique en francisation. Ensuite, ils devaient écrire un petit texte pour décrire leur choix et leur point de vue. « L’apprentissage du vocabulaire est concret », note Lise Cloutier.
Les 44 étudiants en francisation, âgés de 18 à 60 ans, ont travaillé fort durant trois mois pour préparer cette exposition. Catherine habite à Rosemont depuis huit ans. « Je n’avais jamais vu cette petite maison ! Je n’avais jamais prêté attention à ces bâtiments. Et c’est vrai qu’ils sont jolis », apprécie-t-elle. Un nouveau regard se porte sur un quartier moins regardé par ses habitants habituels.
Pilar, 40 ans, Colombienne vit à Montréal depuis cinq mois. C’est avec une grande fierté qu’elle parle de son quartier d’adoption. « Depuis la Colombie, je l’avais repéré sur la carte. Tout près du jardin botanique. C’est ici que je voulais vivre. » Elle a choisit la photo de l’ombre d’un vélo. « Lorsque je suis arrivée à Montréal, j’enviais tout le monde qui avait un vélo. Tellement pratique, mais je n’avais pas d’argent. Alors quand j’ai vu ce vélo, je l’ai trouvé beau, je l’ai pris en photo. »
Le quartier de Rosemont s’ouvre ainsi aux communautés qui viennent pour la plupart du Maghreb, du Congo, Haiti, mais aussi d’Europe de l’Est. « Nous souhaitons plus que tout favoriser leur intégration dans le quartier, pour faciliter l’intégration dans la ville, dans le pays », rappelle Magdalena Schweiger. C’est la deuxième édition de cet événement. « L’an dernier, nous avions seulement exposé au Collège. A présent, nous partons pour une exposition itinérante », explique la coordinatrice du projet.
Ainsi, à partir du 20 février, Mon quartier en image va être intégré dans l’exposition d’œuvres artistiques dans le cadre des festivités culturelles de l’arrondissement. « Nous voulons plus de visibilité », exprime Magdalena Schweiger. La jeune femme en profite d’ailleurs pour lancer un appel : « Qui veut accueillir l’exposition est le bienvenu ! »
Ce que retient Lise M. Cloutier c’est la liberté d’expression dont ils ont joui, si peu habitués. « En Colombie, on ne dit pas tout ce qu’on pense, on ne parle pas avec n’importe qui. Ici on est tous égaux. Et ça, ils l’ont vécu jeudi soir. »