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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Une cabane à sucre en ville

par Marielle Bedek
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Article mis en ligne le 9 mars 2009 à 12:39
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Une cabane à sucre en ville
Grâce à l'érablière urbaine au parc Molson, les enfants ont pu se régaler de tire d'érable tout en apprenant le processus de fabrication du sirop. (Photo: Éric Carrière)
Une cabane à sucre en ville
Pas besoin d'aller dans une cabane à sucre pour voir couler la sève des érables. Une érablière urbaine au parc Molson a attiré une foule d'enfants, la semaine dernière, pour leur faire découvrir les produits de l'érable et leur en expliquer la fabrication.

Mario Bonenfant a l'enthousiasme communicatif. Le cinéaste, candidat du Parti vert du Québec aux dernières élections, organise depuis plusieurs années une érablière urbaine dans l'arrondissement de Saint-Laurent. Cette année, il tente l'expérience au parc Molson.

«Une année zéro, en fait. Nos activités sont embryonnaires pour l'instant, car on voulait voir ce que ça donnerait», indique-t-il avec modestie, courant pourtant dans tous les sens, naviguant entre les enfants, vérifiant qu'il reste assez de bâtons pour la tire ou de dépliants explicatifs à distribuer.

Jeudi midi, pour le quatrième jour de l'opération, une grosse vingtaine d'enfants se pressaient autour du comptoir rempli de neige pour avoir leur tire. Ils n'avaient que quelques mètres à faire entre deux séances au festival de films pour enfants, qui se tenait au cinéma Beaubien.

«La mairie nous autorise à entailler cinq érables argentés», explique Mario Bonenfant, ajoutant tout de suite: «Seulement à titre de démonstration! Il faut le préciser pour que le gens ne soient pas inquiets pour des histoires de plomb. De toute façon, on n'aurait pas assez de sirop à offrir avec ce qu'on recueille.» C'est un baril de sirop (qui donne 300 livres de tire), offert par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, qui permet d'assouvir la gourmandise des enfants.

Pourquoi cet événement? «Je viens de la campagne et quand j'étais enfant, mes parents entaillaient chaque année les érables de la maison. Malheureusement, cette tradition se perd. Il ne faut pas que le sirop d'érable devienne un simple produit sur une tablette, poursuit-il avec fougue. Les enfants savent identifier des centaines de logos, mais ne savent pas d'où vient ce qu'ils mangent, déplore-t-il. Mon objectif est qu'ils retrouvent le contact avec la nature.»

Ce n'est pas seulement à manger que les enfants sont invités. Mario Bonenfant veut aussi qu'ils comprennent le processus de fabrication du sirop, d'où la documentation disposée sur place. L'événement est aussi un coup de pub pour les producteurs: un livret de recettes à colorier était ainsi offert aux enfants, cadeau de la fédération des producteurs. «Ce sont eux qui permettent ce qu'on fait aujourd'hui», explique M. Bonenfant, pédagogue, à un enfant en lui donnant une pile de cahiers et des autocollants à distribuer aux autres.

L'organisateur souhaite voir grossir l'événement l'an prochain. «Il y a plus de 100 érables dans le parc. Je ne doute pas qu'on ait l'autorisation d'en entailler davantage par la suite», s'enthousiasme-t-il.

Judy Ferron, venue comme bénévole, est ravie de cette initiative. La jeune femme, étudiante en assainissement des eaux, y voit l'occasion de «perpétuer notre culture québécoise et garder vivant de notre patrimoine».

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