Calcaire de Rosemont
Montréal sous les tropiques
Le sous-sol de Montréal regorge de fossiles. Une nouvelle publication invite à regarder autour de vous et… sous vos pieds.
Le Jardin botanique de Montréal recèle de secrets que peu observent : des fossiles dans les roches de certains de ses murets. Ici, un cousin éloigné de la crevette. Là, un coquillage. Et ailleurs, des preuves de dynamitage.
Désormais intégrées au Jardin, des carrières y exploitaient les pierres de calcaire. On y a d’ailleurs identifié un calcaire en particulier dans les années 1950 : le « calcaire de Rosemont ». Sa composition chimique et sa forme fossile unique le distinguent des autres.
Passionné de paléontologie, Albert Cornu vient de publier un livre très illustré sur les fossiles de Montréal et des environs.
AC:]R2:« Tellement de gens ne savent même pas qu’il y a des fossiles ici ! Ils voient la nature et les oiseaux, mais ils n’ont jamais regardé sous leurs pieds », se désole celui qui croit en la richesse de ce patrimoine et rêve d’un « Géodôme » à Montréal.
Édité par le Club de minéralogie de Montréal, ce premier volume porte sur le calcaire de Rosemont qui fait partie du groupe de Trenton. Les appellations distinguent l’année de la formation ou encore la composition chimique et les fossiles qu’on y retrouve.
Et ne soyez pas dupes : le calcaire de Rosemont peut se retrouver loin de votre quartier! On reconnaît le groupe Trenton jusqu’à Québec.
Récapitulons : il y a 450 millions d’années, Montréal se situait sous les tropiques au niveau de l’Équateur. Une mer peu profonde débordant de vie marine inondait les basses-terres du Québec. Les calcaires du groupe de Trenton sont l’ancien fond de cette mer et regorgent de fossiles.
Très utilisés en architecture, ils portent le nom de « Pierre grise de Montréal » : en témoignent les murets du Jardin botanique, ceux du Chalet du Mont-Royal, l’Église St-Édouard de Rosemont, le musée Redpath, etc.
Un fossile est un organisme emprisonné dans des sédiments et minéralisé dans les strates des roches sédimentaires. Et ces couches révèlent aussi les rides de plages, la présence de glaciers, etc. Un vrai livre d’histoire, comme le dit Albert Cornu.
Pédagogique et destiné à un large public, le livre d’une centaine de pages documente le sous-sol et informe aussi sur ce que vous voyez aujourd’hui : nombre de parcs de Montréal sont des anciennes carrières. Comme les parcs Père-Marquette, Lafond, Sir Wilfrid Laurier, des Carrières, etc.