À l'étroit dans leur 3½, Bouchra Mezry et son conjoint ont eu bien du mal à trouver un appartement dont les propriétaires ne sont pas allergiques aux familles. (Photo: Jacques Pharand)
Couple avec enfants, dur dur de trouver un logement
Les logements familiaux se font plutôt rares à Rosemont. Et les propriétaires frileux à l’idée de louer un logement aux couples avec enfants n'aident pas à trouver un nid pour la famille. Jeune maman, Bouchra Mezry a vécu un véritable parcours du combattant dans sa recherche d’appartement.
«Nous avons épluché les annonces classées et logé énormément d’appels. Bien souvent, nous ne pouvions même pas aller visiter: il suffisait de dire que nous avions un enfant pour se faire répondre que ce serait impossible», raconte-t-elle. La famille, qui vit dans un 3½, a besoin de plus d’espace.
Les propriétaires ne s’en cachent pas: les enfants occasionnent du trouble, à cause du bruit. «Beaucoup de logements rosemontois en bois et en brique isolent très mal du bruit, affirme Martine Poitras, coordonatrice au Comité logement Rosemont. Les propriétaires ne veulent pas avoir à gérer ensuite des conflits de voisinage.»
Plus de 1200 familles sont inscrites au Comité logement et sont à la recherche d'un logement. «Parmi elles, 20% sont composées d’un couple avec trois enfants ou plus», précise la coordonnatrice.
Déjà que dénicher un 4½ convenable dans Rosemont est un défi! Heureusement, des logements sociaux, à l’instar de l’hôpital Bellechasse, accueilleront des grands logements de trois à cinq chambres.
Ne pas tout dévoiler
Avant de trouver la perle rare, Bouchra Mezry et son mari ont essuyé cinq refus d’appartements, à la suite de l’enquête de crédit qui mentionnait la présence de l’enfant. «Ce genre de renseignement n’a rien à faire dans une enquête de crédit, s'indigne Mme Poitras. Tout comme le numéro d’assurance sociale ou de passeport. À l’étape de la recherche, l’accès à cette information n’est aucunement légale.»
La travailleuse sociale conseille même aux familles de «ne pas tout dévoiler, surtout si vous avez plus d’un enfant. Une fois le bail signé, il n’est plus possible de le casser, à moins d’avoir un logement trop petit pour un trop grand nombre de personnes.»
Interrogé sur le sujet, le maire de l'arrondissement, André Lavallée, déplore cette discrimination envers les familles. «Il existe des recours. Les gens doivent porter plainte à la Régie du logement. C’est la meilleure façon de lutter contre le problème.»
Martine Poitras conseille de se faire accompagner pour visiter les appartements. «Ainsi, une tierce personne pourra témoigner de l’éventuelle discrimination», conclut-elle.