«Le véritable problème: le gouvernement Harper ne reconnaît même pas que les changements climatiques existent», les exemples de commentaires en ce sens pleuvent en Chambre, a déploré Bernard Bigras. <[:AC:]CP<(Photo: Régent Gosselin)<[:AC:]$p>
Bernard Bigras s'envole pour Nairobi
Bernard Bigras participe à la 12e conférence annuelle des Nations Unies sur les changements climatiques qui s’ouvrait lundi à Nairobi. Aussi porte-parole du Bloc québécois en matière d’Environnement, le député de Rosemont–La Petite-Patrie craint que Rona Ambrose, ministre fédérale de l'Environnement qui préside la Conférence au Kenya, ne vienne brouiller les cartes climatiques.
Avec son projet de loi sur la qualité de l'air, plusieurs groupes environnementalistes craignent que le Canada se discrédite tant au pays que sur la scène internationale. «C'est trop peu, trop tard», a tranché Bernard Bigras. On renie le protocole qui visait une réduction des GES pour 2008-2012. Maintenant, on parle de 2050. Les scientifiques sont pourtant unanimes à dire qu'il faut une diminution de 80% d'ici 2050 pour pouvoir renverser la tendance.»
La semaine dernière, le gouvernement Harper refusait d'accorder les 328 M $ nécessaires pour la réalisation du plan québécois de lutte aux changements climatiques. Libéraux et Bloquistes l'ont en travers de la gorge. «Le plan est un premier pas très important, a dit, lundi, M. Bigras. Il faut cependant avoir les moyens pour le réaliser.» Et Québec était prêt à financer 75% du coût total du plan environnemental.
Oui aux crédits?
Toujours lundi, Rona Ambrose semblait cependant vouloir aller de l'avant avec un plan de crédit climatique. Surprise. Mais là encore, on ne saute pas de joie du côté bloquiste.
«On ne sait pas s'il s'agit d'un marché virtuel, comme celui de Chicago qui est non réglementé; un projet pilote sans obligation de réductions des polluants pour les entreprises», a commenté M. Bigras.
On préfère, et de loin, le concept européen avec ses balises bien définies. «La ministre Ambrose n'a pas clairement dit vers quoi son gouvernement veut se tourner. Ce que nous disons au Bloc, c'est qu'on doit fixer des critères clairs. Il doit y avoir une réglementation et des cibles à atteindre pour les industries et sur une base territoriale.»
Ce scénario impliquerait que chaque province aurait un quota à respecter. Si le Québec enregistre une diminution de 3% de ses émissions polluantes, il pourrait vendre ses crédits verts à l'Alberta. Une façon d'encourager nos voisins de l'Ouest à un effort de réduction, a résumé le député de Rosemont–La Petite-Patrie.
De l'eau au moulin
Les conclusions du rapport de l’ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Nicolas Stern, mettant en lumière l'impasse économique qui pend au bout du nez de la communauté internationale si aucun effort n'est fait maintenant, risque d'être au cœur des débats. Un rapport qui tombe bien, a souligné M. Bigras. «Il permet de voir l'urgence d'agir et les coûts astronomiques [en assurance, en santé, notamment] si rien n'est fait rapidement.»
La Conférence donnera le ton aux efforts futurs qui seront déployés dans la lutte aux changements climatiques. @D:Voir autre texte au
www.journalderosemont.com intitulé «Double mise en échec pour Kyoto».