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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Deuxième nuit des longs couteaux...

Louise Potvin par Louise Potvin
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Article mis en ligne le 21 novembre 2006 à 13:18
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Deuxième nuit des longs couteaux...
Selon Bernard Bigras, le Canada a induit la communauté en erreur et a contribué à ralentir les efforts planétaires visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans sa seconde phase débutant en 2012. (Photo: Régent Gosselin)
Deuxième nuit des longs couteaux...
«Le Québec doit tirer des conclusions des événements de Nairobi, considère Bernard Bigras, député fédéral de Rosemont–Petite-Patrie, qui revient tout juste de la 12e Conférence sur les changements climatiques. Le droit du Québec d'être représenté sur la scène verte internationale a été bafoué, juge-t-il, ajoutant que d'aucuns n'ont d'ailleurs pas hésité à qualifier la situation de seconde nuit des longs couteaux.
M. Bigras, aussi porte-parole du Bloc québécois en matière d’Environnement, s'est rendu à Nairobi où il a, dans les coulisses de la Conférence, fait valoir la position du Québec devant pas moins de 200 parlementaires et délégués. (Lire Changements climatiques: Les conservateurs vont à l'encontre de la volonté canadienne, sur Internet au www.journalderosemont.com.

Il revient du Kenya avec un goût amer. L'attitude de la ministre fédérale de l'Environnement envers le Québec a été inacceptable, allègue-t-il. Le ministre Claude Béchard n'a pas eu les 45 secondes qu'il avait demandées pour prendre la parole. Pire, Rona Ambrose n'a même pas évoqué la bonne performance environnementale du Québec, encore moins mentionné qu'il avait en main un plan de réduction des émissions des gaz à effet de serre. «Il y avait une entente verbale avec le Québec pour qu'au moins Mme Ambrose trouve une occasion de mentionner la position du Québec dans son discours. Je ne sais pas ce qui s'est passé durant la nuit [précédant son allocution], mais elle n'a pas respecté sa parole.»
Du sable dans l'engrenage
M. Bigras a constaté de visu l'impact négatif des déclarations du Canada devant la communauté internationale. Le discours de Rona Ambrose, qui avait plutôt des allures de règlement de comptes, a été mal reçu «et a mis du sable dans l'engrenage des négociations, lance le député bloquiste. On aurait pu aller plus loin dans les objectifs de réduction».
Le Canada avait le rôle de préparer le terrain pour les négociations de la prochaine Conférence mais aussi de bonifier et consolider le protocole de Kyoto, considère l'élu.

Là, on a complètement raté le bateau. Le Canada revient avec un record de «prix fossile». Il a récolté 17 de ces récompenses, à égalité avec l'Australie qui, comme les États-Unis, n'a pas ratifié le protocole de Kyoto. «Il va falloir nous expliquer cela aujourd'hui», dit M. Bigras.
Bigras demande des réponses
En Chambre, lundi, le député de Rosemont–Petite-Patrie s'est présenté gonflé à bloc et a demandé des explications au gouvernement de Stephen Harper.
«Comment le gouvernement fédéral peut-il être satisfait de sa présence à Nairobi quand on réalise que le Canada s'est mérité le plus grand nombre de prix fossile, notamment celui pour avoir nui aux négociations [et plus de six] pour avoir induit la communauté internationale en erreur», s'est-il insurgé.

«La ministre Ambrose a tassé le Québec à Nairobi, entre autres pour ne pas être obligée d'admettre que les objectifs de Kyoto sont bel et bien atteignables et que le plan de Québec en fait preuve», a-t-il ajouté.

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