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Journal de Rosemont - La Petite-Patrie
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Un cadeau au pied du sapin

Une manière de briser la solitude

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 4 décembre 2006 à 15:57
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Un cadeau au pied du sapin
Monique Morin, directrice de l'organisme, en compagnie du groupe de cuisine collective réservé aux hommes. (Photo: Régent Gosselin)
Un cadeau au pied du sapin
Une manière de briser la solitude
À la Maison de quartier Villeray, près de 200 personnes auront droit à un souper de Noël et à un cadeau cette année. Pour la plupart d'entre eux, ce sera la seule fête de Noël à laquelle ils auront droit.
«La période des Fêtes est un moment difficile à passer pour les personnes défavorisées, qui se retrouvent souvent seules. Elles vivent beaucoup de stress car elles aimeraient bien que leurs enfants aient un cadeau en dessous de l'arbre», indique Monique Morin, directrice de la Maison de quartier Villeray.

Pour allumer des lumières dans leurs yeux, l'organisme met sur pied chaque année une fête de Noël en puisant dans ses maigres ressources. Une dépense supplémentaire que l'équipe juge indispensable. «La fête de Noël est un moment bien important. Quand on est seul, qu'on n'a plus de famille ou que celle-ci est éloignée, on a besoin de se retrouver en compagnie pour fêter. Souvent, ce sera le seul Noël qu'ils auront», souligne Mme Morin.

À l'occasion de cette soirée bien spéciale, en plus du souper, les adultes participent à un échange de cadeaux tandis que les enfants ont un paquet qui les attend au pied du sapin. Cette année, pour accueillir tout son petit monde, l'organisme a dû pour la première fois louer une salle au sous-sol de l'église voisine. Une dépense de plus qui s'ajoute à la facture.
Solitude accrue
Si la période des Fêtes est synonyme de réjouissances pour la majorité des citoyens, pour les populations exclues, elle engendre une solitude accrue. La plupart des services qui les soutiennent le reste de l'année sont en effet souvent fermés entre Noël et le jour de l'An. «Les tentatives de suicide sont plus fréquentes durant cette période. Cela demande beaucoup en terme d'intervention et de soutien», indique Micheline Roy, organisatrice communautaire.
La Maison de quartier Villeray dessert environ 4 000 ménages défavorisés chaque année. La plupart sont des personnes assistées sociales ou souffrant de problèmes de santé mentale. Depuis quelques années, les immigrés viennent grossir les rangs de cette population exclue. Ils représentent aujourd'hui près du tiers de la clientèle de l'organisme.
Solidarité et partage
La solidarité prend divers visages durant le temps des Fêtes, comme le magasin-partage de Noël qui permettra cette année à 650 familles de Villeray de remplir son panier d'épicerie de victuailles pour la modique somme de 6 $. Deux cents bénévoles seront mobilisés autour de cette activité qui aura lieu les 16 et 17 décembre.
La dizaine de groupes de cuisine collective actifs durant toute l'année se mobilisent ces jours-ci pour préparer dindes, tourtières et gâteaux en vue du temps des Fêtes. Le concept: On achète groupé, on cuisine ensemble et on partage après. «Pour 1 $ la portion, cela leur permet d'inviter des proches. 'Asteure, je peux recevoir', m'a déjà dit un participant tout heureux'», témoigne Monique Morin.
Des pères Noël anonymes
Parfois, ce sont aussi des gestes simples et anonymes. «L'an dernier, on a eu droit, à une chaîne stéréo et un magnétoscope tout neufs déposés sur notre perron par un père Noël secret», raconte Micheline Roy. Une autre fois, c'est un citoyen qui a demandé à son employeur d'envoyer à l'organisme l'équivalent de deux journées de son salaire. Ou encore cette jeune fille discrète venue déposer un chèque de 100 $ pour le magasin-partage.
«Nous aurions bien besoin d'un Père Noël pour offrir un cadeau à chacun des 50 enfants qui participeront à notre fête cette année», glisse Monique Morin. Souhaitons que son vœu soit entendu !

(Photo: Régent Gosselin)

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