Bernard Bigras presse les conservateurs de créer un marché canadien du carbone. (Photo: Courtoisie)
Festival des coupures
Un vent de campagne électorale souffle aussi sur la scène fédérale. Bernard Bigras, député de Rosemont–La Petite-Patrie, fourbit à son tour ses armes stratégiques. Il dénonce notamment l’enfilade de coupures budgétaires imposée par le gouvernement Harper.
Sur sa ligne de tir: les coupures qui pèsent sur le programme Placement carrière-été. Les conservateurs ont sabré 55,4 M$ dans l'enveloppe budgétaire de ce programme de subventions salariales qui encouragent les employeurs à embaucher des étudiants afin qu'ils se perfectionnent ou qu'ils engrangent de l’argent pour poursuivre leurs études.
«Cette décision va faire mal, particulièrement cet été, à une soixantaine d'organismes de notre circonscription. Je pense aux nombreux camps de jour, celui du Centre des loisirs Père-Marquette, de Saint-Marc et de Saint-Émile, par exemple. Ils embauchent les moniteurs grâce à ce financement. Nos organismes se partageaient plus de 100 000 $. C’est une source de financement importante pour eux. On le prenait pour acquis et cet argent ne reviendra pas», rage M. Bigras.
La condition féminine au Canada ne se porte guère mieux, laisse-t-il entendre. On a sabré 5 M$, soit 50 % de l'enveloppe originale destinée à cette cause, une mesure qui s'inscrit dans la foulée des compressions du gouvernement conservateur. En tout, on a fait pour un milliard de dollars de ponctions dans plusieurs programmes fédéraux, dénonce le député bloquiste.
Le marché du carbone compromis
Autre dossier chaud au cœur de l'actualité: l'environnement. Dans une lettre ouverte, qu'on peut lire au
www.journalderosemont.com, Bernard Bigras fait part de ses craintes à savoir que le gouvernement de Stephen Harper ne fasse obstacle à la mise en place d'un marché canadien du carbone.
Le gouvernement Harper semble donner «un avantage marqué aux grands émetteurs industriels, tels que l’industrie pétrolière et gazière, toutes deux responsables de près de 50% des émissions canadiennes. Ce régime compromettra la viabilité d’un futur marché canadien du carbone, instrument clé pour l’atteinte de nos objectifs environnementaux prévus par le Protocole de Kyoto», avance-t-il.
Ce mécanisme de marché a fait ses preuves ailleurs dans le monde, dit-il.
«Le système international d’échanges de droits d’émissions de gaz à effet de serre fonctionne comme un marché d’actions. Les entreprises se voient imposer des quotas d’émissions de carbone : celles qui émettent plus de GES que le quota établi peuvent acheter, sur une plate-forme boursière, des crédits d’émissions de CO2 à celles qui ont réussi à réduire les leurs.»
«Lancé en janvier 2005, le système européen d’échanges de droits d’émissions de carbone est au cœur de la stratégie du vieux continent. Selon la Commission européenne, le système d’échanges devrait permettre à l’Union européenne de respecter ses objectifs pour un coût total compris entre 2,9 milliards et 3,7 milliards d’Euros, soit moins de 0,1% de son produit intérieur brut!»,explique-t-il.