En 2006, 27 piétons ont perdu la vie dans les rues de Montréal.
Dans plus de la moitié des cas, la victime a couru à sa perte...
(Photo: Régent Gosselin)
L'imprudence tue
Le temps est pluvieux. L'impatience des automobilistes rivalise avec celle des piétons et cyclistes, désireux de trouver un abri. C'est dans ce contexte que s'est déroulé, lundi matin, le lancement de l'opération Bon pied, bon œil, sous l'égide de la Ville de Montréal et de ses policiers.
Le Service de police de la Ville de Montréal 9SPVM) a choisi l'intersection De Chateaubriand et Jean-Talon, grouillante de monde, pour lancer sa campagne de sensibilisation qui s'étendra jusqu'au 29 avril.
Édifiant de voir la réalité, du côté policier. Les piétons de tous âges traversent n'importe où, se faufilent à travers camions, vélos et voitures, sans égard aux indications lancées par les feux de signalisation. Ni la présence d'une quinzaine de policiers, ni celle des caméras de télévision, n'ont intimidé les plus téméraires.
«On ne s'engage pas s'il ne reste que quelques secondes au décompte numérique», dira une policière à un piéton qui a dû compléter sa traversée en courant... sur le feu rouge. Plus loin, un autre policier retient littéralement un groupe de quatre personnes, tenté de descendre du trottoir, avant l'apparition du petit bonhomme lumineux. «Maintenant, vous pouvez y aller», a-t-il dit au groupe dont la moyenne d'âge avoisinait 40 ans...
«C'est de l'anarchie organisée, les gens prennent les feux de circulation pour des décorations», a déclaré André Lavallée, maire de l'arrondissement et responsable du transport à la Ville de Montréal.
«Le nombre de constats d'infraction grimpe à Montréal, 34 % de plus l'an dernier dans l'arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie», a-t-il ajouté.
Le maire Lavallée a profité de la tribune pour rappeler que la Ville de Montréal talonnait toujours le ministère du Transport du Québec afin de faire passer de 50 km/h à 40 km/h, la limite permise dans les rues de la métropole. L'interdiction du cellulaire au volant est toujours au plan de match, comme l'interdiction du virage à droite sur feu rouge.
Le passage piétonnier, ce mal-aimé...
Le SPVM a choisi les bandes transversales jaunes, symbole indiquant que les piétons ont priorité, comme emblème de sa campagne. L'automobiliste doit s'immobiliser dès qu'un piéton fait fi de s'y aventurer. Une opération très risquée puisque de tous les signes inscrits au Code de la sécurité routière, c'est possiblement le moins respecté.
«Plusieurs conducteurs ignorent complètement cette règle», a d'ailleurs admis Louise Bonneau, lieutenant à la division sécurité routière au SPVM. La Table provinciale sur la sécurité des piétons passe actuellement au peigne fin toutes les problématiques en lien avec le piéton. Dans ce vaste remue-méninges, on se questionne notamment sur la pertinence de maintenir les traverses zébrées jaunes hors intersection, a expliqué Mme Bonneau.
Dans plus de la moitié des cas, la victime a couru à sa perte...
(Photo: Régent Gosselin)