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«Le Bon Dieu m'a punie»

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 10 avril 2007 à 16:00
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«Le Bon Dieu m'a punie»
«Il ne faut pas rêver et accepter la personne telle qu'elle est», déclare Andrée Desrochers. (Photo: Jacques Pharand)
«Le Bon Dieu m'a punie»
Andrée Desrochers a conservé longtemps la photo du bébé auquel elle a donné naissance à 16 ans dans une institution religieuse du Nord de Montréal. Plus de quarante ans après, le bambin devenu homme a retrouvé sa place dans l'album de famille.
La résidente d'Ahuntsic a pensé toute sa vie à ce bébé qu'elle a laissé, en 1960, aux mains des religieuses. «J'étais jeune et ignorante. Je ne connaissais pas grand-chose à toutes ces affaires-là. J'ai vécu l'accouchement comme une punition que j'avais hâte de laisser derrière moi.»

Quand il s'est aperçu qu'elle était enceinte, son père lui a laissé deux choix: garder le bébé et se trouver un travail ou l'abandonner et continuer les études. «À cette époque-là, à 16 ans, ce n'était pas comme aujourd'hui. On était encore des enfants», indique Mme Desrochers. Il n'y a donc pas eu de véritable choix possible.

Pour sauver les apparences, son père, un personnage en vue dans sa petite ville de banlieue, l'envoie pendant près d'un an dans une institution religieuse de Montréal. Puis la vie reprend son cours.

«J'ai toujours pensé à l'enfant. Quand je me suis mariée, j'ai voulu en avoir un autre, mais je n'ai pas pu. Je me suis toujours dit que Dieu m'avait punie pour ce que j'avais fait. J'ai beaucoup pleuré.»

Au décès de sa propre mère, Mme Desrochers a senti le besoin de se retourner vers le passé pour prolonger le cours de la vie. Guidée par le Mouvement Retrouvailles, elle a lancé des démarches. Il a fallu plus de quatre ans au Centre jeunesse de Montréal pour retrouver la trace de son fils. «Les documents avaient été gardés autrefois dans un sous-sol, dans une boîte qui avait pris l'eau. Les papiers avaient été abimés.»

Une fois le jeune homme localisé, la mère s'est donné une période de réflexion de six mois avant de le contacter. «Je voulais m'assurer que j'étais prête. Quand on se lance dans une telle démarche, il faut être sûr qu'on est prêt à accepter la personne, peu importe ce qu'elle est.»

Finalement, un échange de lettres commence. Puis c'est la première rencontre, encadrée par une psychologue. «On a jasé pendant trois heures. Je l'écoutais parler et je me retrouvais devant un miroir. C'est comme si je l'avais élevé moi-même. Il voyais les choses de la même façon que moi sur bien des affaires.» Depuis, la mère et le fils continuent à se voir plusieurs fois par an.

Mme Desrochers considère que ces retrouvailles sont un «énorme plus» dans sa vie. «On fait une croix sur le passé, les questions et les regrets.» Entreprendre une telle démarche demande également de faire abstraction du jugement des autres. «Plusieurs personnes n'étaient pas au courant dans ma famille, tout le monde n'a pas réagi avec la même ouverture d'esprit.»

(Photo: Jacques Pharand)

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Mercédes Arseneault

Commentaire mis en ligne le 12 avril 2007
Chère madame s'il est si bon que vous le dites pourquoi serait-ce lui qui a eu le privilège de vous punir?

La question du net

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