Transport et alphabétisation, cause à effet
Il y a un lien de cause à effet entre la pauvreté et l'analphabétisme, soutiennent en chœur les groupes populaires en alphabétisation de la métropole. C'est pourquoi le Comité urbain de lutte presse à nouveau la Société de transport de Montréal (STM) d'appliquer le tarif alpha au titre de transport, la carte autobus-métro, destiné aux personnes en démarche d'alphabétisation.
Le Comité urbain de lutte regroupe des adultes qui fréquentent l'un des groupes populaires en alphabétisation sur l'Île de Montréal, dont Lettres en main basé à Rosemont. Depuis deux ans, on demande à la STM un tarif mieux adapté à la situation des adultes en formation soit 22,25 $. C'est ce qu'on appelle le tarif alpha.
Cette clientèle n'aurait pas les moyens de se procurer une carte à 65 $, le tarif régulier. Même le tarif réduit à 35 $, celui destiné aux étudiants et les personnes de 65 ans et plus, est trop élevé, argue le collectif. «À ce prix, le transport devient une contrainte qui a des répercussions négatives sur l'apprentissage, mais aussi sur la santé et les loisirs», expose Esther Filion, animatrice à Lettres en main.
Cette situation frappe de plein fouet les étudiants de l'organisme rosemontois. De tous les centres populaires d'alphabétisation, Lettres en main est, selon Mme Filion, celui qui compte la plus forte clientèle aussi sur le marché du travail. Dans ce contexte, l'accès au transport collectif à tarif alpha est d'autant plus important.
Alors que les politiciens misent sur une meilleure desserte du transport collectif, on oublie qu'il est aussi important de le rendre accessible aux bourses moins bien garnies, résume Mme Filion.